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Avant même son arrestation et son exécution lors de Thermidor (juillet 1794), Maximilien Robespierre a été outrancièrement vilipendé et calomnié par les ennemis de la Révolution, en particulier par les presses royaliste et anglaise. Son élimination a été immédiatement justifiée par une diabolisation destinée à discréditer tout projet de démocratie réelle au profit d'un système représentatif reléguant le peuple à la passivité et laissant aux possédants le monopole d'un gouvernement "des compétences" mené en fonction de leurs intérêts.
En évoquant les différents regards successivement portés sur l' "Incorruptible" jusqu'à nos jours, les historiens Marc Belissa et Yannick Bosc montrent la permanence de l'enjeu politique essentiel qui s'est cristallisé autour de cette figure. Enjeu qui demeure on-ne-peut-plus actuel : la démocratie réelle, où l'action des représentants seraient strictement contrôlée par le peuple, est-elle possible ?
Émission "La grande H.", animée par Julien Théry.


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Directeur d’études à l'École des hautes études en sciences sociales, l'historien Patrice Gueniffey a récemment publié aux éditions Perrin un Napoléon et de Gaulle.
Le fait de consacrer un livre à deux grands hommes de notre histoire est un défi adressé à tous ceux qui veulent que l'enseignement de l'histoire soit débarrassé de ses grandes figures et du récit national pour être reconfiguré en vue de la mondialisation. Nous savons pourtant que l'histoire d'une nation se fait avec des hommes et, dans les circonstances exceptionnelles, par la volonté d'hommes que l'on dit providentiels.
Le Petit Caporal et le Général appartiennent à cette catégorie. Les apparences les rapprochent – ce sont des soldats de métier, des chefs de guerre et des hommes d’État. Mais de nombreux aspects opposent aussi Napoléon Bonaparte et Charles de Gaulle diamétralement...


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Fondateur de l'école laïque et de l'empire colonial, Jules Ferry est bien plus que tout cela : intellectuel au grand courage physique, républicain engagé dans une lutte féroce avec un autre républicain, Georges Clemenceau véritable partisan de l'industrie et du libre-échange devenu adepte du protectionnisme paysan. Sa vie est un roman.
Il faut la découvrir en respectant la chronologie, comme nous le rappelle Eric Fromant, en présentant l'enchaînement des faits, de sa naissance en 1832 à 1893, date de sa mort.
Émission du "Libre Journal de la crise", animée par Laurent Artur du Plessis.


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Nul ne peut sérieusement en disconvenir : Internet a libéré sur sa toile une profusion de violence verbale et créé dans nos démocraties un climat de suspicion généralisée envers toutes les autorités. On est loin d'être encore à même d'apprécier pleinement et à coup sûr la portée de ce phénomène sur la longue durée. On est loin de pouvoir faire le départ entre les possibles profits, moraux et civiques, d'une surveillance légitime et d'autre part les dévergondages de procédés qui risque d'être ravageurs pour le fonctionnement équilibré de n'importe quel régime. S'agit-il d'un défouloir légitime ou d'un poison ravageur ?
Pour en juger, il faut, comme toujours, se hâter de ne pas exagérer l'inédit. Dans la quête de précédents, on pourrait se reporter au temps des mazarinades du temps de la Fronde ou encore à celui des écrits sinistres qui circulèrent contre Louis XVI et Marie-Antoinette à la fin de l'Ancien Régime. Dans cette émission, c'est l'attention est braquée sur les derniers moments du Second Empire et les premières décennies de la Troisième République, à la fin du XIXe siècle.
Ce fut l'époque, en effet, où fleurirent en abondance des pamphlets d'une extrême violence contre les pouvoirs en place. La loi très libérale de juillet 1881 leur ouvrit un champ qui put paraître sans limite, jusqu'à faire litière de tout respect humain. Cédric Passard, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Lille, s'est attaché à ce sujet. A ses yeux, cette effervescence pamphlétaire et la diffusion massive des caricatures politiques les plus brutales ont accompagné logiquement l'entrée de la France, à l'âge des foules, dans une modernité politique, culturelle et médiatique. Voilà bien qui reste à démontrer et à comprendre, sous l'éclairage rétrospectif de nos inquiétudes contemporaines.
Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.


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À la fin du XIXe siècle, l'attente du Grand Soir exprime l'espoir d'un bouleversement violent et radical de l'ordre social existant. Cette croyance millénariste en l'éclosion d'un monde régénéré grâce à la révolution sociale est caractéristique de la mythologie libertaire qui se forme alors. Une vision insurrectionnelle qui influencera les syndicalistes révolutionnaires.
Aurélie Carrier se propose d'étudier les représentations qui composent l'imaginaire du Grand Soir, et leurs interactions avec celui de la grève générale.
La puissance d'attraction et la capacité de retentissement du Grand Soir débordèrent les cercles libertaires pour pénétrer les masses populaires. Repérer l'influence d'une telle construction imaginaire sur les pratiques sociales permet de questionner l'espace des possibilités entre la réalité sociale et ses représentations, et la généalogie des utopies, disparues ou renaissantes.
Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.


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C'est en compagnie d'Anne Steiner, qu'est abordée la question des luttes des classes populaires en France à la "Belle Époque". Auteur de trois ouvrages importants consacrés à cette période, Le Temps des révoltes. Une histoire en cartes postales des luttes sociales à la Belle Époque (L’Échappée, 2015), Le goût de l'émeute. Manifestations et violences de rue dans Paris et sa banlieue à la Belle Époque (L’Échappée, 2012) et Les En-Dehors. Anarchistes individualistes et illégalistes à la Belle Époque (L’Échappée, 2008), Anne Steiner nous rappelle l'intensité et la violence des conflits sociaux en France dans les années précédant la Première Guerre mondiale.
Derrière les revendications concernant le temps de travail, le salaire, l’abrogation des nouveaux règlements, la reconnaissance des sections syndicales, c'est toujours d'une lutte pour la dignité et des savoir-faire dont il est question.
Et à l'âpreté de ces combats, souvent comparés aux jacqueries d’antan, répond la brutalité de la répression : la troupe charge, mutile et tue, et les peines de prison pleuvent sur les manifestants et les syndicalistes...
Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.


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Homme politique, philosophe, magistrat, historien et écrivain, Joseph de Maistre est considéré comme l'un des pères de la philosophie contre-révolutionnaire.
Pour s'attaquer à ce monument de l'histoire et de la littérature à la postérité diverse (et surprenante), Alain de Benoist reçoit Rémi Soulié, Axel Tisserand et Luc-Olivier d'Algange dans ce nouveau numéro des "Idées à l'endroit".


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Patrice Gueniffey, historien et spécialiste reconnu de la Révolution et de l'Empire, nous partage son analyse de l'histoire que la France a entretenue avec ses grands hommes, notamment avec Napoléon et De Gaulle. Deux destins différents par bien des aspects bien finalement associés, après bien des tribulations et des controverses.