Qu'est-ce que la vie de l'esprit ? Avec Pascal Engel et Barbara Carnevali au Centre de Recherches sur les arts et le langage.


(0)
1374 Vues
0 commentaire
01.02.2016

Les mots clefs du programme du dernier Foucault sont : subjectivité et vérité. La subjectivité, le souci de soi, priment sur la vérité. Le souci de soi n’est pas la recherche d’une connaissance de soi, de l’intériorité, c’est une recherche des manières de maitriser son corps, ses désirs, de parvenir à une hygiène de vie et à la sagesse, que Foucault appelle aussi une "spiritualité".
Foucault a souvent insisté sur la séparation, à l’âge moderne, de la vie de l’esprit comme recherche de la vérité et entreprise de connaissance, et de la vie éthique, au sens d’une recherche de la sagesse. La vie de l’esprit a été opposée, dans la tradition chrétienne, à la vie du corps. A l’âge moderne, quand s’est formée l’image de la science, l’opposition s’est accrue entre la poursuite de la vérité et celle de la sagesse, entre connaissance et éthique.
Le "retour aux Grecs" de Michel Foucault est en grande partie une archéologie de cette opposition, et une tentative pour renouer les liens entre vérité et subjectivité, entre connaissance et éthique.
Dans L’usage des plaisirs et dans les autres textes de cette période de son œuvre, Foucault essaie de dépasser l’opposition vérité/subjectivité et objectif/subjectif. Mais cela passe par une conception non aléthique de la subjectivité, par une théorie sceptique ou nihiliste de la vérité, intenable à la fois en elle-même et du point de vue historique. Cela passe aussi par une conception de l’authenticité et de la subjectivité très biaisée. On le voit par exemple dans la manière dont Foucault traite de la curiosité, désir épistémique.
Pascal Engel lui oppose une autre conception de la vie de l’esprit, classique et néo-aristotélicienne, selon laquelle la vérité est le but de la connaissance, laquelle est coextensive à l’eudaimonia, et selon laquelle le vrai a une valeur intrinsèque. Une autre conception de la curiosité est requise, et une autre conception de la généalogie des valeurs et des vertus de vérité est également requise. Elle constituera les prémisses d’une conception anti-foucaldienne de la vérité, de la subjectivité et de la généalogie, et du slogan "vitam impendere vero".

La notion de vérité scientifique. Avec Etienne Klein, Pascal Engel, Marc Mézard et Francis Wolff à l'Ecole Normale Supérieure


(0)
1586 Vues
0 commentaire
22.01.2016

Le concept de vérité a-t-il encore une validité pratique et théorique aujourd'hui ? Au croisement des sciences et de la philosophie, Etienne Klein, Francis Wolff, Pascal Engel et Marc Mézard confrontent leurs points de vue pour nous aider à mieux cerner la notion de vérité et à comprendre son domaine de validité.

Un atelier-débat s'inscrivant dans la 15e journée de conférences en histoire des sciences et épistémologie/Journée George Bram, animépar Emmanuelle Huisman-Perrin.

La question du sens. Avec Pierre Magnard interrogé par Isabelle Raviolo pour Continents Interieurs.


(0)
1523 Vues
0 commentaire
17.03.2017

L'un des principaux fils directeurs de l'itinéraire philosophique de Pierre Magnard, au travers des œuvres de Heidegger, Nietzsche et Pascal, est la question du sens. Elle fut également au cœur de sa rencontre avec le trop tôt disparu Maurice Merleau-Ponty.
Retour sur une question aux enjeux fondamentaux.

Le mathématiquement beau est-il physiquement vrai ? Avec Etienne Klein à Ajaccio.


(0)
1165 Vues
0 commentaire
29.07.2016

Le statut ontologique des mathématiques, déjà un sujet en soi, est ici mis en relation avec le problème du beau. On sait que les mathématiciens, dans un souci d'économie, sont constamment à la recherche d'équations élégantes. Mais celles-ci sont-elles toujours physiquement vraies ? Et comment faire le lien entre ces objets conceptuels et leur efficacité bien réelle dans le domaine physique ?

Une conférence qui prend place lors des "Rencontres Science et Humanisme".

Le régime de vérité numérique. Avec Bernard Stiegler et Antoinette Rouvroy au Centre Pompidou.


(0)
1561 Vues
0 commentaire
07.10.2014

De la gouvernementalité algorithmique de fait au nouvel état de droit qu’il lui faut : c'est de ce thème dont débattent Bernard Stiegler et Antoinette Rouvroy.
Cette dernière, s'appuyant sur la notion de "régimes de vérité" chez Foucault, explore la question de savoir en quoi la "gouvernementalité algorithmique", apparue avec le numérique, constitue un nouveau mode de gouvernement des conduites, et souligne ses répercussions cruciales en termes épistémologiques, sémiotiques et juridiques. Elle met en évidence une crise de la notion de représentation, portée par l'idéologie des big data selon laquelle le traitement automatique des "données brutes" permettrait de découvrir la vérité à même le réel, en se passant de toute vérification, de toute interprétation, de toute critique. A travers le travail opéré sur ces données, qui en efface la signification, ce sont aussi trois sources d'incertitude qui tendent à être suspendues : celles de la subjectivité, de la sélectivité et de la virtualité. Tout en montrant les conséquences de cette idéologie des big data sur l'identité personnelle, qui témoigne du paradoxe d'une hyper-personnalisation mêlée à une fragmentation et un isolement de l'individu, Antoinette Rouvroy pointe également trois types de "récalcitrances" à ce mouvement, que sont l'ineffectué de l'histoire, l'ineffectué de l'avenir et la mansuétude humaine.
Bernard Stiegler, quant à lui, ajoute à ces réflexions l'idée d'un droit algorithmique qui resterait à construire. Le caractère indispensable d'une différenciation entre le fait et le droit trouve une illustration particulière à travers la réfutation du texte de Chris Andersen, The End of theory, qui postule l'inutilité de la formulation d'hypothèses et l'élaboration de théories scientifiques à l'heure des big data. Bernard Stiegler montre la nécessité d'un effort d'interprétation des données brutes, en s'appuyant sur la distinction kantienne entre l'entendement, dont les processus analytiques sont computationnels et automatisables, et la raison dont les processus synthétiques échappent au règne de l'automaticité et rendent l'individu capable de trancher et de décider. Il souligne également le lien entre l'automaticité algorithmique et les problématiques du capitalisme contemporain, en particulier ses conséquences sur l'emploi. Il est dès lors capital de mobiliser notre raison, orientée vers l'instauration de circuits de transindividuation, pour élaborer dès à présent un nouveau modèle.

Une rencontre organisée par l'Institut de recherche et d'innovation dans le cadre du séminaire Digital Studies.

Le projet Ars Industrialis. Avec Bernard Stiegler sur la RTS.


(0)
2490 Vues
0 commentaire
06.2016

C'est à l'initiative de Bernard Stiegler que l'association Ars Industrialis a été créée le 18 juin 2005 en se présentant alors comme une "Association internationale pour une politique industrielle de l’esprit".
Car à notre époque, la vie de l'esprit, selon les mots d'Hannah Arendt, a été entièrement soumise aux impératifs économiques, et aux impératifs des industries culturelles, et des industries de l’informatique et des télécommunications. Ce secteur peut être défini comme celui des technologies de l’esprit.
À la critique du dévoiement de ces technologies comme instruments de contrôle des comportements, c'est à dire des désirs et des existences, Ars Industrialis associe la proposition centrale de former une écologie industrielle de l'esprit.
Retour sur la trajectoire et la dynamique Ars industrialis en compagnie de Bernard Stiegler et des nombreuses personnes qui se sont agrégées au projet.

Y a-t-il un rationalisme à la française ? Avec Jean-Marie Chevalier au Collège de France.


(0)
1286 Vues
0 commentaire
28.05.2013

Le rationalisme "à la française" a des parfums de positivisme suranné, ou tendrait du moins à évoquer davantage les noms de Lachelier, Fouillée ou Renouvier que de philosophes contemporains.
Raison, rationalisme et rationalité sont pourtant des notions revendiquées dans une certaine mesure par des penseurs aussi divers que Jules Vuillemin, Gilles Granger et Jacques Bouveresse. Mais leurs œuvres correspondent à des usages de la philosophie fort différents : tandis que Vuillemin évalue chaque système par sa force interne, Granger comprend la philosophie comme connaissance, et Bouveresse comme critique et thérapie.
L'appel à la raison suffit-il à donner cohérence et unité à ces approches ? Le rationalisme français est-il autre chose qu'une fiction obsidionale ?

La Vérité captive : un nouveau système de la philosophie. Avec Maxence Caron chez l'abbé Guillaume de Tanouarn sur Radio Courtoisie.


(0)
2188 Vues
0 commentaire
2009

Système nouveau de la philosophie et de son histoire passée, présente et à venir, La Vérité captive De la philosophie est une œuvre neuve, en son contenu comme en sa langue : La Vérité captive construit un édifice de Sens, et abolit, par voie de Pensée, toute distinction artificielle entre la foi et la raison, entre la littérature et la philosophie.
L'ouvrage de Maxence Caron propose une relecture intégrale de l'histoire autour d'une ontologie trinitaire, tout en soulignant avec lucidité l'âge critique de l' "outre-modernité" dans lequel l'humanité s'est enfoncée à force de donner créance à "l'immanentisme".
Aspirant la totalité de la pensée en un fort mouvement apocalyptique et messianique, Maxence Caron entend mettre en évidence les raisons profondes d'une conflagration historique dont l'originalité et l'ampleur n'ont pas été soulignées, et ne suscitent çà et là que plaintes réactionnaires alors qu'elle mérite d'être pensée en son fond et sa source.
Prenant appui sur l'ère même qu'inaugure ce livre, la pensée est dite désormais indéfectiblement ouverte, depuis son intériorité même et par sa logique intrinsèque, à la Révélation du Principe. S'initiant d'un trait d'apocalypse et s'achevant sur un poème mystique, La Vérité captive expose le Système et le regarde simultanément jaillir de l'histoire de la philosophie.
L'oeuvre de Maxence Caron souffle du fond des ères et, remontant à l'origine apodictiquement transcendante de tout acte de l'esprit, ouvre de mettre fin aux errances de la pensée.

Emission "Le libre journal de Catherine Rouvier".