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C'est en relisant Marx attentivement que Franck Fischback nous propose de distinguer le travail de la production afin de comprendre l'évolution de sa pensée critique. Seulement ainsi pourrons-nous comprendre que le devenir productif des activités de travail sous le capital détruit la relation métabolique entre systèmes naturels et systèmes sociaux assurée normalement par le procès de travail.
Cette rupture explique que l'épuisement des forces naturelles de la terre et celui des forces humaines de travail soient simultanés sous le capitalisme et qu'ils ne puissent être interrompus sans que la logique productive du capital le soit également.


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Le professeur de philosophie Franck Fischbach, en se fondant sur des textes précis de Marx, montre le caractère central que celui-ci attribue au travail dans sa conception de l'homme, de la société et de l'histoire, depuis ses écrits dits de jeunesse (Manuscrits de 1844) jusqu'à ses oeuvres tardives (Capital compris).
À partir des analyses que Marx consacre aux déformations (aliénation, exploitation, hétéronomie) que les sociétés caractérisées par le mode de production capitaliste font subir au travail, on peut se demander la façon dont il envisageait ce que pourrait être une société à venir : serait-elle une société libérée du travail ou bien une société qui libère le travail ? Quels effets produirait sur cette société, et sur les formes sociales de vie, la libération du travail ?
Une conférence qui s'inscrit dans la thématique de l'année 2017 : "La fin du travail ?"


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Quels sont les liens étroits et anciens entre la face politique et la face économique de la démocratie ? Comment la démocratie pose-t-elle la règle de la répartition des richesses ? Comment le droit social peut-il être ancré dans une représentation partagée de la justice ? Quels sont les dispositifs qui ont pu exprimer l'idée de démocratie économique à l'âge industriel ? Et comment cette démocratie économique a-t-elle finalement reflué sous l'effet du tournant néolibéral ?
Après avoir montré les effets du recul du gouvernement par les lois et la résurgence de nouvelles figures de l'allégeance au sein de l'ordre juridique, le juriste Alain Supiot entend mener une réflexion sur le concept, l'histoire et la pratique de la démocratie économique entendue comme l'ancrage du droit social dans une représentation partagée de la justice.
Car le problème principal qui se pose aujourd'hui est de ré-encastrer (Karl Polanyi) les marchés dans la société et de cesser de réduire la vie humaine à la vie économique, et la vie économique à l'économie de marché...


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Si le travail est une activité et une catégorie historiquement spécifique à la seule formation sociale capitaliste, ne faudrait-il non pas, plutôt que de libérer le travail du capital, se libérer du travail en tant que tel ?
Car on ne saurait confondre cette forme d'activité intrinsèquement capitaliste d'avec le métabolisme avec la nature, en ce sens que le travail structure une forme de vie sociale inédite et historiquement récente. Loin d'être extérieur et hétérogène au capital, le fétiche-travail est ainsi saisi comme l'autre face du rapport-capital : il en est son fondement social le plus profond.
Un dépassement révolutionnaire de la forme de vie sociale capitaliste doit désormais pointer au-delà de la totalité dialectique capitaliste, donc au-delà du travail.


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Les plus récents rapports sur l'avenir du travail nous indiquent que nous pourrions perdre jusqu'à 50% des emplois dans les dix à quinze prochaines années. L'automatisation intégrée est le principal résultat de ce que l'on appelle "l'économie des data". Organisant des boucles de rétroactions à la vitesse de la lumière entre consommation, marketing, production, logistique et distribution, la réticulation généralisée conduit à une régression drastique de l'emploi dans tous les secteurs – de l'avocat au chauffeur routier, du médecin au manutentionnaire – et dans tous les pays.
Pourtant, ces informations ne nous poussent pas à agir. Pourquoi le gouvernement n'ouvre-t-il pas un débat sur l'avenir de la France et de l'Europe dans ce nouveau contexte ?
L'automatisation intégrale et généralisée fut anticipée de longue date – notamment par Karl Marx en 1857, par John Maynard Keynes en 1930, par Norbert Wiener et Georges Friedmann en 1950, et par Georges Elgozy en 1967. Tous ces penseurs y voyaient la nécessité d'un changement macro-économique, politique et culturel radical.
Le temps de ce changement est venu, et le philosophe Bernard Stiegler se consacre à en analyser les fondements, à en décrire les enjeux et à préconiser des mesures à la hauteur d'une situation exceptionnelle à tous égards – où il se pourrait que commence véritablement le temps du travail.


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Le gouvernement par les lois est-il en train de se retirer ? Comment se manifestent le renversement de la hiérarchie du public et du privé, l'effacement du système basé sur des lois reçues de l'extérieur et le retour de nouvelles formes d'allégeance ? Pourquoi chacun peut-il choisir la loi qui lui convient ? Et comment peut-on devenir son propre législateur ?
Il y a de nombreuses raisons de penser que la période qui s'est ouverte avec la montée en puissance des États souverains et du gouvernement par les lois, dans l'Europe des XIIe-XIIIe siècles, arrive à échéance. Sapé par la gouvernance par les nombres, le "rule of law" est en crise et le gouvernement par les hommes refait surface sous des formes inédites que le grand juriste Alain Supiot s'efforce d'identifier tout au long de cette série de cours.
C'est donc de l'apparition des nouvelles figures de l'allégeance dont il est ici question, où chacun doit pouvoir compter sur la protection de ceux dont il dépend et sur le dévouement de ceux qui dépendent de lui.
Bienvenue dans un monde purgé de l'hétéronomie de la loi.


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Il nous faut (re)lire Marx, après le déluge. Et c'est à partir des Manuscrits de 1844 que Francis Cousin nous invite à comprendre la critique de l'économie politique telle que Marx l'a formulée et partagée dans ses écrits.
Une oeuvre radicale et nécessaire, contre l'ignominie du capitalisme et l'infamie de ses thuriféraires.


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Allons-nous bientôt vivre dans un monde où les robots prendront la relève du travail humain ? Mais s'il y a de moins en moins de travail, comment les gens vont-ils gagner leur vie ?
Dévrons-nous au moins partiellement découpler les revenus du travail ? Le revenu de base peut-il répondre à ce besoin et constituer une véritable reconnaissance d'autres formes de création de valeur que le capitalisme moderne ne reconnaît pas ?
Yann Moulier-Boutang, économiste et co-directeur de la revue Multitudes, revient sur ces questions dont les réponses engagent l'avenir de nos sociétés.