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Il n'a jamais été aussi urgent de faire oeuvre commune pour faire face au changement climatique, à l'effondrement de la biodiversité, mais aussi pour assurer le soin des populations, remédier à la précarisation des vies, aux inégalités… Pourtant cette capacité à faire ensemble, à agir de manière véritablement sociale et à faire du collectif un véritable sujet pratique se trouve aujourd'hui minorée ou ignorée au profit de la seule rationalité de l'agent individuel. C'est que les fondements philosophiques d'un agir commun doivent encore être mis au jour.
En inscrivant ses pas dans la tentative encore méconnue des "Jeunes hégéliens", Franck Fischbach montre que l'essence humaine réside dans son oeuvre commune, qu'elle est un "faire ensemble". Mais, loin de valoriser de manière abstraite ou incantatoire l'association et la coopération, il s'agit de faire comprendre que nous sommes d'ores et déjà engagés pratiquement les uns envers les autres. Cet engagement, de nature sociale, se distingue des dimensions économiques et politiques de l'existence qui occupent souvent le devant de la scène des pensées critiques. Or, la mutualité de nos relations constitue le meilleur antidote aux rapports de domination.
Ainsi, déployer ces relations par lesquelles nous nous associons les uns aux autres dans des liens de complémentarité et de réciprocité peut nous aider à nous approprier le sens social de nos vies et à en maîtriser démocratiquement les conditions de réalisation.

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Le travail comme l'éducation sont des modes de relations complexes où souvent l'autorité prend le pas sur l'esprit critique. Pourtant il ne peut y avoir de démocratie sans apprentissage généralisé de l'égalité et de la discussion critique de l'exercice du pouvoir, pour paraphraser John Dewey.
Même si le travail ne suffit pas à définir la totalité de nos vies, il est une activité durable et structurante qui nous engage fortement et reste centrale dans nos existences. C'est pourquoi la démocratie reste vide de sens si la démocratisation des lieux de travail n'est pas réalisée.
Une conférence animée par Jean-Claude Poizat.


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Docteur en économie, agrégé de sciences économiques et sociales et professeur à l'université Paris-Nanterre, Antoine Vatan a publié en 2022 La Situation de la classe laborieuse en France (Éditions Delga), dans lequel il étudie, statistiques à l'appui, les conditions générales du capitalisme, au stade impérialiste, en France, et ses conséquences sur les conditions de vie des travailleurs mais aussi les potentialités révolutionnaires objectives liées à cette situation.
Ce long entretien forme une sorte d'introduction au Capital de Karl Marx. Objectif : mieux comprendre les principaux concepts et résultats de cet ouvrage majeur, toujours d'actualité pour comprendre le monde et le transformer. En effet : les notions de "taux d’exploitation" ou de "baisse tendancielle du taux de profit", comme bien d'autres, demeurent tout à fait opérantes, à la condition d'être rigoureusement précisées, ce qu'Antoine Vatan s'emploie à faire ici avec clarté.
1. Karl Marx avait raison
- 0'00'55 : Parcours d'Antoine Vatan jusqu'à Marx
- 0'05'27 : La situation des travailleurs en France
- 0'08'12 : La baisse tendancielle du taux de profit
- 0'15'02 : Les prédictions de Marx se sont réalisées
- 0'21'32 : Le marxisme, seule théorie des crises
- 0'32'17 : Contradictions fondamentales du capital
- 0'41'17 : L'actualité du Capital de Marx
2. La méthode Karl Marx
- 0'00'32 : La démarche théorique de Marx
- 0'04'45 : Critique de l'idéologie bourgeoise
- 0'08'01 : Marx : idéologue ou scientifique ?
- 0'15'22 : Le matérialisme dialectique
- 0'21'22 : Le matérialisme historique
- 0'24'48 : Le marxisme : un économicisme ?
- 0'33'02 : Marx a-t-il une vision morale ?
3. Qu'est-ce que le Capital ?
- 0'00'31 : Le Capital = un patrimoine ? (Piketty)
- 0'07'37 : L'analyse de la marchandise
- 0'10'17 : Qu'est-ce que la valeur chez Marx ?
- 0'15'39 : La valeur : une substance ? (Lordon)
- 0'20'03 : Transformation de l'argent en capital
- 0'29'56 : Les indépendants : des prolétaires ?
- 0'35'23 : Dépasser Marx ?
4. Le procès de production capitaliste
- 0'00'20 : Travail non payé et taux d'exploitation
- 0'06'05 : Plus-value absolue et relative
- 0'12'31 : L'armée de réserve du Capital
- 0'19'21 : L'accumulation primitive
- 0'28'28 : La circulation du Capital (livre 2)
- 0'38'39 : Différence profit / profit moyen
- 0'41'54 : Baisse du taux de profit (équations)
- 0'49'57 : Intérêt et rente foncière (livre 3)
5. Keynes et les néoclassiques
- 0'00'22 : Marx VS les classiques (Smith, Ricardo, etc.)
- 0'08'46 : Marx VS le malthusianisme
- 0'14'15 : Marx VS les néo-classiques (Hayek, Friedman, etc.)
- 0'22'45 : Marx VS keynésianisme (Sismondi, Keynes, etc.)
- 0'32'52 : Le protectionnisme est-il progressiste ?
- 0'40'45 : Néolibéralisme ou capitalisme ?


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Une des questions majeures aujourd'hui concerne la façon dont les formes contemporaines du travail peuvent susciter de la souffrance au point d'ébranler les sujets eux-mêmes au plus intime.
Les recherches en psychodynamique du travail s'attachent aux causes de ces souffrances dans l'organisation du travail ainsi que dans la vie psychique des sujets, leurs stratégies de défense et leurs mécanismes d’asservissement volontaire.
La souffrance au travail est-elle indépassable ? Comment les sujets peuvent-ils transformer et réinventer le travail, et avec lui, les formes de la vie en commun ?
Une intervention modérée par Katia Genel.


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Ubérisation, robotisation, fin du salariat… Comment travaillerons-nous demain ? Quelle place accorder au travail dans nos vies ? Et où en est vraiment notre rapport au travail aujourd'hui ? Assistons-nous à un basculement qui nous éloigne des paradigmes perçus il y a peu comme incontournables dans les sociétés du salariat ou bien à de simples ajustements grossis par nos perceptions ? Peut-on travailler en faveur du bien commun, d'une société ? Travaillons-nous pour notre propre bonheur ? Quels sont les enjeux de réalisation de soi ou de libération collective dont sont porteuses les activités de travail ?
Philosophe spécialiste de la philosophie sociale et du marxisme, Franck Fischbach évoque le sens du travail dans une démocratie.


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De la critique marxienne de la propriété, fidèles en cela au Manifeste du Parti Communiste, les luttes ont surtout retenu la mise en cause de la grande propriété, de la propriété capitaliste et des moyens de production avec toutes les inégalités et les dominations qu'elles véhiculent. Mais on peut avoir tendance à tenir éloigné de tout reproche la petite propriété individuelle, fruit du labeur. Le partage des richesses signifiant alors non pas remise en cause de la propriété privée, mais meilleur partage de celle-ci.
Pourtant, ne pourrait-on pas renouer avec ce qui, dans la critique marxienne, s'attaquait au concept même de propriété (dans les Manuscrits de 1844 en particulier) ? Ne serait-ce pas la propriété privée que les périodes moderne et contemporaine ont vu naître qui représente un concept intrinsèquement problématique ?
Pour faire face aux défis écologiques, à la nécessité du partage de ressources de plus en plus rares et de l'inclusion de l'ensemble des droits et contraintes qui doivent être pris en compte dans l'usage d'un monde plus que jamais commun, ne conviendrait-il pas de reprendre, à nouveaux frais, la critique de la propriété privée ?


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Curieuse époque que la nôtre, où le "progrès" – la transformation des conditions de vie liée aux applications sociales de la science – n'a jamais été aussi rapide, mais où seuls quelques idéologues croient encore que nos enfants auront une vie meilleure. Car les crises économiques, sociales et écologiques s'accumulent sans fin. Ce paradoxe s'éclaire si l'on revient à l'aube de notre temps, à l'époque où le capitalisme industriel, l'État bureaucratique et la science organisée se sont brutalement mis en place, et aux diagnostics historiques de ceux qui ont cherché à en saisir les implications pour la vie humaine.
Max Weber, Georg Simmel et Ferdinand Tönnies ont identifié avec une lucidité implacable les pathologies constitutives de notre époque : la marchandisation générale, l'érosion du lien social, la perte de sens et de liberté liés à l'emprise des organisations bureaucratiques. Tout l'intérêt de leur sociologie est d'analyser ces évolutions en se demandant, concrètement, quel monde elles créent et quels types d'être humain elles engendrent. Ce faisant, ils mettent en évidence des aspects de la modernité capitaliste en général négligés, car trop intimement liés à ce qu'elle a fait de nous.
Grâce à ce détour, on pourra se défaire des illusions véhiculées par ceux qui continuent de prôner, malgré tout, les vertus de la croissance et du développement industriel, ou qui annoncent que nous serions enfin sur le point d'accéder à la "société postindustrielle". Telle est la condition pour être à la hauteur des tâches qui incombent aujourd'hui à celles et à ceux qui n'ont pas renoncé à l'idée d'émancipation.

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Quel est le paysage politique et syndical à la veille de la Grande Guerre ? Est-ce que l'électorat ouvrier est acquis à la gauche ? Comment s'organise la solidarité ouvrière ? D'où viennent les ouvriers immigrés tout au long du XXe siècle ? Comment évolue la présence féminine au sein de la classe ouvrière ?
C'est en compagnie de l'historien Xavier Vigna que nous revenons, en trois épisodes, sur la place du mouvement ouvrier dans la France contemporaine. Un premier volet explique comment la monde ouvrier a pesé sur l'histoire de notre pays au XXe siècle, un deuxième se penche sur la vie des ouvriers au fil des grands évènements du siècle et un dernier s'interroge sur la place des femmes et des immigrés dans la classe ouvrière.