Plaire et toucher, essai sur la société de séduction. Avec Gilles Lipovetsky sur RFI.


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10.01.2018

Le désir de plaire et les comportements de séduction semblent atemporels, depuis que des espèces se reproduisent par voie sexuelle. Néanmoins, l'hypermodernité libérale marque une rupture majeure dans cette histoire millénaire, tant elle impose à nos sociétés la généralisation de l'ethos de séduction et la suprématie de ses mécanismes.
Le mot d'ordre ne paraît plus être de contraindre, ordonner, discipliner, réprimer, mais de "plaire et toucher". La visée du théâtre classique selon Racine est désormais l'une des grandes lois, partout à l'oeuvre, dans l'économie, les médias, la politique, l'éducation.
L'économie consumériste sature d'offres commerciales attractives notre quotidien, dominé par l'impératif de captation des désirs, de l'attention et des affects ; le modèle éducatif s'élabore sur la compréhension, le plaisir, l'écoute relationnelle ; dans la sphère politique, l'heure n'est plus à la conviction par la propagande, mais à la séduction par la vidéocommunication, parachevant la dynamique de sécularisation de l'instance du pouvoir.
La séduction-monde a provoqué l'émergence d'une individualisation hypertrophiée du rapport à autrui - ultime manière d'agir sur le comportement des hommes et de les gouverner, ultime figure du pouvoir dans les sociétés démocratiques libérales.

Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.

L'Eglise contre les femmes. Avec François Huguenin sur Radio Courtoisie.


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08.10.2019

L'histoire de l'Église a ses zones d'ombres, qui ne doivent pas occulter ses lumières. Sans complaisance, François Huguenin revient sur l'histoire de la condition féminine dans les pays chrétiens en général et dans la théologie et la pratique de l'Eglise en particulier. Car avec sa vision supposée rétrograde des femmes, l'Église est constamment mise en accusation alors qu'elle n'a pas à rougir de son bilan, loin de là.
Au contraire, François Huguenin nous montre qu'une étude attentive de l'histoire du christianisme, menée sans complaisance, révèle de beaux accomplissements, notamment en ce qui concerne la protection et la valorisation des femmes, peut-être comme aucune autre civilisation ne l'avait fait.

Émission "Les mardis de la mémoire", animée par Anne Collin.

Les Marchandises émotionnelles. Avec Eva Illouz sur France Inter.


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14.02.2019

A l'heure où émotion et consommation sont étroitement liées -des stations du Club Med à la musique d’ambiance diffusée dans nos écouteurs, des guides de psychologie positive à l'industrie des cartes de vœux aux messages de valorisation des sentiments-, Eva Illouz montre comment ces nouvelles marchandises visent à améliorer le moi. Elle invente le terme de "marchandises émotionnelles" et en interroge l'authenticité de l'individu moderne.
C'est également à l'amour comme objet de recherche qu'Eva Illouz se consacre. Elle défend la thèse suivante : l'amour est le noyau central et le vecteur historique de la modernité occidentale. En observant diverses expériences, elle tente d'expliquer pourquoi nos peines de cœurs sont vécues comme des pathologies qu'il nous incombe de soigner.

Émission "L'Heure bleue", animée par Laure Adler.

Les enjeux de la PMA. Avec Sylviane Agacinski sur Public Sénat.


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22.10.2019

Dans son dernier essai L'Homme désincarné (Gallimard, 2019), la philosophe Sylviane Agacinski s'attaque à la procréation médicalement assistée et à ses conséquences, tandis que le projet de loi de bioéthique est débattu par les instances législatives françaises. Le texte présenté en conseil des ministres prévoit notamment l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Et si Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a déclaré à maintes reprises que l'extension de la PMA "ne mettait pas en tension nos valeurs éthiques", Sylviane Agacinski, elle, voit les choses d'un autre œil.
La philosophe regrette notamment que tout soit désormais justifié au nom "des intérêts individuels et des demandes sociétales" que le droit est sommé de ne pas entraver. Elle déplore également l'argument massue qui consiste à invoquer le principe d'égalité pour clore toute forme de débat. "La procréation, assistée ou non, n'a que faire des orientations sexuelles. Elle a en revanche tout à voir avec l'asymétrie des deux sexes, qui ne sont, en la matière ni équivalents ni égaux", nous rappelle-t-elle.
Pour la philosophe de l'incarnation, l'homme moderne veut aujourd'hui dominer la nature, changer sa nature et s'affranchir de la chair, de la mort et de la génération sexuée.

Après l'Histoire. Avec Philippe Muray sur France Culture.


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18.05.1999

Choses vues dans les dernières années du XXe siècle, les chroniques de Philippe Muray rassemblées dans Après l'Histoire dressent un portrait aussi précis que possible de notre temps ; et, simultanément, elles ébauchent une théorie générale de ce moment de l'ère hyperfestive, car l'accumulation illimitée de fêtes en est devenue l'occupation la plus fervente et la consolation la plus quotidienne. L'individu inédit que cette civilisation est en train de façonner a donc lui aussi un nom qui n'était encore jamais apparu nulle part : Homo festivus.
Après l'Histoire est le récit, à la fois inquiétant et comique, des aventures de ce personnage qui ne ressemble plus à rien de connu jusque-là. On y trouvera des aperçus étonnants sur son idéologie, son langage, ses habitudes, son comportement intime, sa morale publique, ses nouvelles méthodes pour faire régner l'ordre et même, de plus en plus souvent, et de manière impunie, la terreur.
Pour espérer comprendre quelque chose à notre époque, il est indispensable de faire le pari que la métamorphose des hommes a déjà eu lieu et que leur mutation n'est envisageable qu'à partir de l'hypothèse d'une sortie définitive de la période historique, pour autant qu'Histoire et humanité étaient synonymes. Après l'Histoire veut donc dire aussi : après l'humain.

Émission "Agora", animée par François Angelier.

Politique, société et psychologie : notes de lecture, par Michel Drac.


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2019

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, se penche ici sur différentes questions de société. De la philosophie politique aux problèmes de psychologie sociale, comprendre les visions du monde et les habitus qui structurent des collectifs où certaines minorités actives doit nous permettre d'avoir une compréhension plus fine de la marche du monde.
Ce travail est mené par la lecture de plusieurs livres dont les contenus sont ici exposés clairement.

La laïcité est-elle encore adaptée au XXIe siècle ? Avec Jacques de Saint Victor et François Saint-Bonnet au Cercle Droit et Liberté.


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05.04.2019

La laïcité à la française est pourtant en principe on ne peut plus clair ! Elle se résume en deux grands principes extrêmement simples, posés par les deux premiers articles de la loi de séparation de l'Église et de l'État en 1905 : Article 1 "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes" et Article 2 "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte."
À une époque où s'observe un retour en force du fait religieux, la mise en pratique de ces textes s'avère de plus en plus difficile.
La République peut-elle garantir la liberté de conscience de tous et supporter un signe d'oppression des femmes tel que le voile ? Peut-elle garantir le libre exercice d'un culte et l'égalité des citoyens sans subventionner le culte islamique en manque de lieux de prière ? Surtout, peut-elle garantir la fraternité et le vivre ensemble entre tous ses citoyens, à l'heure d'un fanatisme religieux meurtrier frappant partout dans le monde et d'une montée en force de revendications communautaires, allant d'une généralisation du Hallal à l'installation de crèches de la nativité dans certaines mairies ?
Pour tenter de démêler cet écheveau, les deux professeurs François Saint-Bonnet et Jacques de Saint Victor débattent ensemble.

L'homme : un dieu ou une bête ? Menaces sur l'anthropologie chrétienne. Avec Antoine Martin pour E&R à Genève.


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02.03.2019

La modernité avait prétendu faire de l'homme un dieu, indépendant de toute transcendance à laquelle il aurait à rendre des comptes.
De manière apparemment concurrente, nous assistons depuis quelques décennies à l'émergence d'une nouvelle tendance, selon laquelle l'homme ne détiendrait aucune primauté sur le reste des vivants.
À ces deux idéologies qui la prennent en étau, quelle réponse l'anthropologie chrétienne, socle fondateur de notre civilisation, apporte-t-elle ?