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C'est en compagnie de Fabrice Larcade et Daniel Vassaux que nous sommes introduits à l'ouvrage Stratégie (L'Échappée, 2019), premier volume d'une série d'anthologies tirés du fond Debord. Celui-ci nous offre une compilation minutieuse des fameuses fiches de lecture manuscrites qui ont participé à la construction de la pensée de Guy Debord dans le domaine de la stratégie et de l'histoire militaire.
L'occasion surtout de revenir sur la vie de ce bouillonnant esprit révolutionnaire (1931-1994), son incursion parmi les lettristes, le groupe artistico-subversif d'Isidore Isou (1950), la scission puis la création de l'Internationale Situationniste (1957), jusqu'au "point culminant" de mai 1968, où la bande des situs fait partie des occupants de la Sorbonne.
Pourquoi une telle fascination de Debord pour la stratégie militaire ? En quoi cela lui aura-t-il donné des armes pour abreuver sa soif d'action dans la lutte et la révolte sociale ?
Une émission organisée par "Les Amis d'Orwell".


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La formule vient de l'intellectuel indien Pankaj Mishra et beaucoup de nos contemporains partagent ses idées : nous serions au bord d'une "guerre civile mondiale " parce qu'on se rendrait compte que la modernité n'a pas tenu ses promesses.
Si elle partage le constat de Mishra sur le caractère pour le moins tendu de notre époque, le diagnostic de Peggy Sastre est aux antipodes : si nous sommes aujourd'hui aussi à cran, ce n'est pas parce que notre civilisation issue des Lumières n'a pas tenu ses promesses. Au contraire, c'est qu'elles se sont tellement bien réalisées que nous ne savons plus à quoi pourrait ressembler des épreuves proprement existentielles...
Pourquoi ? Parce que nos perceptions, comme souvent, nous trompent. Nous avons peut-être l'impression que les périls se suivent, se répètent et empirent, mais c'est surtout parce que nous ne cessons d'élargir la définition du périlleux et transformons en catastrophique ce qui était anodin voici encore peu.
En effet, pourquoi avons-nous le conflit si facile ? Pourquoi l'hostilité est-elle si séduisante et l'affrontement si confortable ? Pourquoi tant de gens semblent incapables d'exister s'ils ne s'imaginent pas avoir des ennemis à anéantir ?
Le programme de Peggy Sastre est celui d'un "pacifisme appliqué" : plonger au plus profond de notre nature conflictuelle grâce aux apports des sciences comportementales darwiniennes.
Émission "Interdit d'interdire", animée par Frédéric Taddeï.


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Le travail qu'a récemment mené Michel Goya réévalue la contribution de l'armée française à la victoire de 1918. Il nous montre ce que fut cette année pour les belligérants au niveau stratégique et tactique et s'attarde en détails sur ce qu'elle fut pour l'armée la plus moderne du monde.
En miroir, Michel Goya dresse un tableau de l'état de l'armée allemande et des ses chefs qui démontre que si les choses ont failli basculer au printemps 18, la faiblesse générale des troupes, la désorganisation du pays et l'aveuglement des dirigeants a conduit la Wehrmacht au désastre.
Enfin, il termine cet entretien en essayant de comprendre le contexte de l'après-guerre et les raisons qui ont conduit l'armée française de 18, qu'il compare à l'armée américain de 1944, à perdre pied et décliner vers l'anéantissement.


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Pourquoi les convictions des "élites" ne séduisent-elles plus les masses ? Comment une guerre idéologique, que les libéraux avaient l'habitude de remporter, a finalement basculé ? En quoi les nouvelles technologies ont-elles été les premiers outils de ce renversement ?
Pour comprendre ce phénomène à l'oeuvre, François-Bernard Huyghe part d'un constat : la gestion économique de droite alliée à des références morales de gauche se heurtent au mécontentement populaire. Ce qui ne serait rien si ce couple ne menait à l'effondrement de la crédibilité des appareils politiques, culturels et médiatiques. C’est donc une "crise de la séduction" à laquelle nous assistons. Les promoteurs de "la société ouverte" ont accumulé des erreurs qui ont non seulement conduit à leur effacement, mais ont aussi détruit un logiciel idéologique qu'il leur faudra, à terme, renouveler.
Diagnostic lucide et sans concession, cette conférence expose les moyens mis en oeuvre par les deux camps idéologiques pour imposer leur hégémonie.


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J'aime mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Raymond Aron. On ne sait plus avec certitude qui a lancé cette boutade, mais elle résume bien l'état d'esprit majoritaire de notre intelligentsia, durant une bonne partie de la Guerre froide - et jusqu'aux lendemains des événements de Mai 68. La rigueur des analyses de ce philosophe de formation ; l'étendue de ses compétences, qui allaient de la sociologie à l'économie en passant par la géostratégie ont contribué, paradoxalement, à isoler Raymond Aron de la scène intellectuelle française. Aux emballements des idéologies, il avait le tort d'opposer le poids des faits. Son impressionnante production éditoriale, si elle était consacrée à analyser l'actualité, reposait pourtant sur une véritable épistémologie des sciences historiques. Et lorsque se produisit "l'effet Soljenitsyne" au milieu des années 70, Raymond Aron fut soudain consacré comme celui qui avait eu raison d'avoir raison…
Certes, il n'y a pas "d'aronisme", comme il y eut un existentialisme. Mais si Aron a renoncé à construire un système global d'interprétation, il y a une méthode, un état d'esprit, un appareil conceptuel aroniens. Désignant le lieu d'un libéralisme renouvelé en profondeur, ils peuvent être mobilisés pour penser notre réalité contemporaine. C'est ce à quoi s'attache cette série d'émissions.
Émission "Savoirs", animée par Brice Couturier.


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Sulfureux à plus d'un titre, le juriste allemand Carl Schmitt a défini la notion de politique en accordant une place centrale à l'ennemi, qui serait d'après lui "notre propre question en tant que figure". La communauté politique ne se déterminerait comme telle qu'en désignant l'hostis par l'intermédiaire d'une décision étatique, c'est-à-dire en décidant d'entrer en guerre. Seul l’État serait, par ailleurs, apte à garantir la paix interne et la pluralité des États souverains assurerait l'équilibre pacifié du continent européen.
La genèse du politique et les conditions de son maintien s'expliqueraient à travers une série de notions fondamentales (l'ami, l'ennemi, la pluralité des États), impliquant toujours l'appareil étatique comme titulaire de la souveraineté, et donc le rejet d'un concept constitutif d'humanité.


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Le monde change, semblant s'orienter vers le chaos le plus complet et pourtant, au-dessus de la mêlée, une oligarchie semble plus stable que jamais, intouchable et inébranlable. Elle ne gouverne pas par la force des armes, mais son pouvoir est pourtant réel.
Aux défilés militaires et à la répression ouverte des dictatures du passé, elle s'impose doucement, via des techniques plus subtiles que l'on désigne par le terme d'ingénierie sociale.
Pour comprendre le fonctionnement de cette discipline de contrôle social, l'essayiste Lucien Cerise revient longuement sur les révolutions colorées qui ont façonné l'Ukraine contemporaine et la manière dont certains acteurs ont été amené à servir des desseins qui n'étaient pas les leurs dans le cadre d'un conflit triangulé.
Émission du "Libre Journal de la plus grande France", animée par Anne-Laure Maleyre.


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Spécialiste des questions stratégiques et des affaires militaires, Pierre Conesa a pratiqué les relations internationales pendant une vingtaine d'années au ministère de la Défense. Par ailleurs maître de conférences à Sciences Po et à l'ENA, il puise dans son expérience la légitimité pour analyser les nouvelles formes de conflictualité et de propagande du XXIe siècle.
Car les populations civiles paient aujourd'hui un tribut plus lourd que les militaires (terrorisme, embargos) et sont également la cible d'opérations de communication visant à retourner l'opinion public : il est temps de penser ces nouvelles formes de guerre et de faire évoluer nos concepts opérationnels.