Paul Yonnet à voix nue, sur France Culture.


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09.2009

L'oeuvre de Paul Yonnet, sociologue, essayiste et écrivain, se situe au confluent de trois convictions :
 1) L’analyse de l’expérience personnelle est le premier pas vers la connaissance de l’homme, des sociétés qu’il forme et de leur histoire. Certitude très tôt acquise, d’abord par la lecture fondamentale, à quinze ans, du "Voyage au bout de la nuit" de Céline, puis, déplacée dans le champ de la sociologie, lors de ses premières études des phénomènes du loisir. Ainsi a-t-il découvert, en étudiant "la France du tiercé", dont il était naturellement proche, à quel point les acteurs de base du phénomène possédaient une connaissance spontanée savante, et à quel point, à l’inverse, une sociologie de l’extériorité, traitant le social avec désinvolture, véhiculait de contresens et de préjugés. D’où le recours à la méthode de la "participation observante" - séparée des phases ultérieures de l’objectivation.
 2) Passionné de démographie, d’histoire (de toutes les histoires), de droit, de psychologie, de philosophie, de littérature, d’anthropologie, mais aussi par les apports des sciences à l’explication des phénomènes sociaux, Paul Yonnet ne conçoit pas que la recherche ni l’élucidation puissent avoir lieu à l’intérieur d’une "discipline" seule, artificiellement recluse derrière les remparts qu’elle a (ou aurait) construits. Ardente obligation de l’interdisciplinarité.
 3) La vérité gît dans les livres. Mais il est plusieurs chemins pour y accéder, et notamment la voie littéraire. Il s’ensuit quelques conséquences : il n’est de pensée qu’écrite ; la sociologie, comme la philosophie ou l’ethnologie, est aussi un style et un art littéraire (Raymond Aron, Claude Lefort, Claude Lévi-Strauss) ; l’analyse des oeuvres de la littérature est un temps essentiel de la recherche ; nous pouvons entrer directement dans le cercle magique pour y côtoyer les écrivains (c’est Le Testament de Céline).

L'esprit perdu du capitalisme : socio-pathologie de Mai 68. Par Bernard Stiegler au Collège de Philosophie.


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01.2006

Bernard Stiegler revient sur longuement sur l'esprit du capitalisme et les mutations de ses formes historiques. Il prend pour point de départ critique le travail de Luc Boltanski et d'Eve Chiapello dans leur livre "Le nouvel esprit du capitalisme".

La Fabrique de l'homme occidental. Avec Pierre Legendre sur France Culture.


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10.1992

Pourquoi l'interdit ? Pourquoi les lois ? Qu'est-ce que l'Etat ? Comment séparer le juste de l'injuste ?
Etat, Religion, Révolution, Progrès... : ces artifices sont emportés dans le déchaînement du management scientifique promis à la terre entière.
La peur de penser en dehors des consignes a fait de la liberté une prison.
Pierre Legendre explique, en philosophe et historien du droit et des institutions, comment l'homme raisonnable organise le monde pour tenter d'échapper à l'abîme de son origine introuvable, ce mur de nuit auquel il s'adosse.

Emission "Les nuits magnétiques".

Les fêtes païennes des quatre saisons. Avec Pierre Vial sur Radio Plaine.


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2008

Le christianisme, lors de sa conquête du sol européen, a récupéré et intégré des formes de sacralité s’exprimant dans la vie des communautés populaires.
On retrouve donc dans le calendrier des fêtes "chrétiennes" de nombreuses traces de fêtes païennes ancestrales.
Il est intéressant d'en comprendre la signification et de les remettre dans la perspective des mentalités païennes qui les avait produites.

Le pouvoir. Avec Claude Lefort à l'Université de tous les savoirs.


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30.05.2000

L'étude du pouvoir est ardue. Il n'est pas, en effet, de discipline scientifique dont l'objet spécifique soit la nature, l'origine et l'exercice du pouvoir, bien que ce phénomène ait suscité depuis longtemps la réflexion de grands esprits. 
Qu'appelle-t-on pouvoir ? Question préalable, semble-t-il. Mais, pour répondre, il faudrait énoncer un critère qui permette aussitôt de trancher un noeud de représentations dont chacune porte la marque d'une expérience collective.
Si l'on veut bien admettre que le pouvoir ne peut se réduire à la domination, à la puissance, au commandement ou à l'autorité, ce n'est pas toutefois sans raison qu'on en reconnaît le signe, soit à la capacité de décider des affaires publiques, soit à celle de disposer des moyens de coercition, soit à celle de commander, soit à celle d'incarner ou de représenter quelque puissance au-dessus des hommes ou bien d'en participer, soit à celle de posséder un savoir-faire qui échappe à l'intelligence commune. Bref, il peut être associé à l'image du prince, du gouvernant, du guerrier, du prêtre ou du magicien.
Dans tous les cas, le caractère du pouvoir est lié à celui de l'obéissance, et l'obéissance elle-même implique un certain mode de croyance.
Le pouvoir : une introduction.

Pierre Hillard sur la figure du Père.


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09.2011

Pierre Hillard, catholique traditionaliste, revient sur la liquidation de la figure paternelle (réelle et symbolique).
Que ce soit par la promotion de stars asexués où par la mort du roi lors de la Révolution française, c'est toujours le Père qui est nié et brimé.

Economie générale et pharmacologie. Avec Bernard Stiegler au Collège international de philosophie.


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2008

Nous vivons dans une société capitaliste dont la caractéristique essentielle est qu’elle constitue une économie libidinale qui vise à capter la libido des individus pour attirer leur investissement sur les objets de la consommation. Dans cette situation, les jeux, notamment les jeux d’argent, sont un cas particulièrement pervers de ce qui est la loi générale du marketing. Cette question se pose aujourd’hui d’une façon gravissime dans la mesure où le capitalisme, en exploitant l’économie libidinale, a fini par la détruire. Cela conduit à la désindividuation des êtres humains, et donc à une forme de contrôle social. L’étude philosophique du pharmakon (à la fois remède et poison) montre que toute société est addictive, qu’il y a de bonnes et de mauvaises addictions, qu’il y a même des addictions nécessaires, et que tout est jeu. Elle ouvre des perspectives philosophico-politiques intéressantes : la nécessité de développer l’individuation des êtres humains, les technologies de l’esprit, une organologie et une sociothérapie.
Séminaire "Trouver de nouvelles armes – Pour une polémologie de l’esprit"

La monnaie : monoculture ou écosystème ? Avec Bernard Lietaer sur RFI.


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2011

Bernard Lietaer prône la création et l'utilisation de monnaies complémentaires qui viendraient compléter le système de monnaie nationale ou unique existant.
En effet, il en va des monnaies comme des écosystèmes : leurs diversités garantit leurs stabilités et leurs résiliences.
Le système de la monnaie unique et le monopole de sa création par la dette (dans les mains des banques) est semblable à une monoculture dans le domaine agricole, avec les tares qui accompagnent une telle structure : instabilité, vulnérabilité, concentration du pouvoir et de la richesse, déséquilibre croissant.
Bernard Lietaer n’entend pas faire table rase de l’existant, mais propose de le compléter en introduisant une écologie de monnaies alternatives au niveau local, régional et mondial. Les technologies de l’information disponibles  aujourd’hui permettent une mise en place aisée et sûre de ces monnaies complémentaires.
Les concepts de la psychologie analytique jungienne sont mobilisés pour justifier la prédominance du système patriarcal de monnaie unique. A chaque archétype sont associées des composantes psychiques négatives, les Ombres. L’archétype de la déesse mère, s'il est réprimé, fait émerger ses deux Ombres associées : la cupidité et la rareté. La monnaie sous forme monopolistique est consubstantielle de ces deux Ombres, lesquelles imprègnent toutes les activités économiques et financières.
Le système patriarcal de monnaie unique, comme l’explique Bernard Lietaer, en permettant la concentration de richesse, a donné naissance au capitalisme, composante essentielle de la révolution industrielle.
Comme le propose Bernard Lietaer, le temps est venu d’aller au-delà d’un système qui se retourne contre ses créateurs. Nous le pourrons en développant des monnaies alternatives qui encourageront l’émergence de rapports coopératifs entre les individus.