Développement durable : réflexion critique et philosophique sur le statut des sciences sociales. Avec Pierre Caye à l'Institut d'études lévinassiennes.


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11.05.2017

Le Développement Durable est dans toutes les bouches. Il apparaît comme la solution à tous nos maux, le mode de production capable de résoudre tous les problèmes écologiques tout en assurant la croissance. Pourtant, dès que l’on essaie de définir cette notion, les choses deviennent plus floues.
Les uns jugent que parler de développement durable est une tautologie : tout développement se développe nécessairement dans le temps ; d’autres y voient une contradiction en tant que le développement serait nécessairement vouée à prendre fin en raison des limites des ressources naturelles.
Quoi qu’il en soit, cette expression a le mérite de souligner que l’écologie n’est pas seulement une affaire de préservation de la nature et de sa biodiversité, mais concerne l’ensemble de nos pratiques et en particulier de nos pratiques productives, autrement dit que l’écologie est une question globale qui passe par la nécessaire dialectique de la nature et de la technique, et non par leur séparation dualiste.

Qu'est-ce que le capitalisme selon Karl Marx ? Avec Anselm Jappe pour le Groupe vaudois de Philosophie à Lausanne.


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06.05.2018

Alors que nous fêtons le deux-centième anniversaire de la naissance de Karl Marx en 2018, Anselm Jappe nous rappelle la pertinence de la pensée marxienne pour aborder les problèmes des sociétés actuelles.
L'on constatera, d'une part, la mesure dans laquelle la pensée de Marx nous fournit une grille d'analyse pour comprendre une société s'articulant toujours plus autour des catégories de bases de l'ordre capitaliste (valeur, travail, marchandise, argent) et d'autre part, les pistes qu'il nous propose pour changer et résoudre nos problèmes - notamment écologiques.

Pour une histoire spécifique et globale de l'émergence du capitalisme. Avec Armel Campagne et Benjamin sur Radio Libertaire.


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2018

L'histoire de l'émergence du capitalisme est une histoire lourde d'enjeux politiques : s'il a toujours existé, qu'il n'est qu'une prolongation d'un penchant de l'homo oeconomicus aux échanges, qu'il a émergé pacifiquement dans toute l'Europe occidentale à partir du Moyen Âge et/ou qu'il n’a jamais eu aucun lien avec des oppressions comme celles du patriarcat, du racisme, de l'esclavage, du colonialisme, de l'exploitation des milieux naturels et de l'État, alors comment ne pas en conclure qu'il n'y a pas de sortie possible du capitalisme ?
Et si, au contraire, il avait émergé violemment, en rupture avec l'histoire des sociétés humaines, mais aussi – c'est l'objet de cette émission – de manière globale, en articulation avec ces formes d'oppression ? Il s'agit désormais de combiner une histoire de l'essor spécifique du capitalisme, issue du "marxisme politique", et une histoire de son expansion impériale et de son interconnexion avec des sociétés non-capitalistes, issue de "l'histoire globale", en dépassant de ce fait leurs limites respectives.

Émission "Sortir du capitalisme".

Télévision : subjectivation, socialisation. Avec Dany-Robert Dufour pour la Fédération Nationale des Associations des Rééducateurs de l'Education Nationale.


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27.06.2015

La multiplication des images produit-elle des problèmes dans l'accès à la symbolisation ?
Nous vivons en effet dans un monde de plus en plus saturé d'écrans et d'images : ceux du cinéma, de la télévision, du téléphone portable, de l'ordinateur, des jeux vidéos... Ces modifications sont de deux ordres. Bien utilisées, ces techniques peuvent multiplier les possiblités d'expression, d'information et de création. Utilisées sans discernement, elles sont susceptibles d'altérer gravement l'accès à la symbolisation. Ce qui n'est pas sans conséquences tant au plan du développement personnel qu'au plan du lien social car cet accès permet en principe à l'individu de se soustraire au fonctionnement pulsionnel et aux rapports de force et d'entrer dans des rapports de sens.
Or, le déveoppement de ces techniques obéit beaucoup moins à des considérations philanthropiques qu'à des impératifs marchands, ce qui occasionne des pathologies nouvelles qui vont des psychonévroses narcissiques à différentes formes de désymbolisation, voire même d'addications, qui sont ici examinées.

La justice selon Michael Sandel. Avec Dominique Jouault à l'Université Populaire d'Évreux.


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10.11.2017

Si un homme réclame la possibilité de vendre un de ses organes, certains répondront que cela est juste parce que cela ne nuit pas à autrui et que cela peut même sauver une vie. Cependant d'autres s’opposeront à la décision de vendre ses organes en disant que cela est immoral.
La personne humaine ne peut faire l'objet d'un marché mais seulement se donner. Elle ne peut être échangée contre de l'argent. Les religions et l'humanisme  nous commandent de respecter le corps humain en affirmant que cela est juste et ils interdisent de vendre des organes humains ou de les acheter.
Mais si toutes les personnes ne sont pas d’accord pour dire ce qui est juste, comment savoir ce qu'est la justice ? Comment exiger la justice si nous ne savons pas ce qu'elle est ?
Autant de questions qu'affronte Michael Sandel en développant une philosophie morale réhabilitant le bien commun, en rupture avec les conceptions libérale et utilitaire qui fondent le droit moderne.

Houellebecq, le romancier du marché ? Avec Bernard Maris sur Fréquence Protestante.


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09.08.2016

Souffrance dans les eaux glacées du calcul égoïste, servitude, frustration, angoisse sous l'impitoyable "loi de l'offre et de la demande" ou celle de la "destruction créatrice"... Tel est l'univers des héros houellebecquiens.
Comme Balzac fut celui de la bourgeoisie conquérante et du capitalisme triomphant, Michel Houellebecq est le grand romancier de la main de fer du marché et du capitalisme à l'agonie.
A travers le prisme des auteurs canoniques du domaine économique (Keynes, Malthus, Marx, Schumpeter...), Bernard Maris nous invite à une surprenante lecture de son oeuvre pour comprendre la crise du monde contemporain.
Vous aimiez l'écrivain ? Il vous paraîtra encore plus grand sous ses habits d'économiste. Vous le détestiez ? Son respect du travail, des femmes, du lien amoureux et son mépris pour le libéralisme vous le feront aimer.

Émission "Midi Magazine", animée par Philippe Arondel.

L'Europe sociale n'aura pas lieu. Avec François Denord pour le Canard Forgeron.


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12.07.2013

François Denord, sociologue au CNRS, nous propose une relecture critique de l'histoire de la construction européenne.

 - 00'19 : Dans votre livre, L'Europe sociale n'aura pas lieu, vous expliquez que la construction européenne telle qu'elle nous est contée est une fable...
 - 01'18 : Après-guerre, qui soutient l'idée européenne ?
 - 02'44 : Quel a été le rôle joué par les États-Unis ?
 - 03'56 : Au niveau militaire, il y a dans la même période l'idée de l'OTAN et de la CED...
 - 05'36 : Qu'est qui amène en 1952 à la création de la CECA ?
 - 07'16 : Qui est vraiment Jean Monnet ?
 - 10'06 : Quelle est l'idée des "fonctionnalistes", auxquels appartenait Monnet ?
 - 10'36 : Qu'est-ce que la méthode Monnet ?
 - 11'22 : Dans quel contexte est signé le traité de Rome, en 1957 ?
 - 14'06 : Comment le concept "d'économie sociale de marché" est intégré dans la construction européenne ?
 - 15'38 : Lors du Traité de Rome, y a-t-il eut des velléités, de la France par exemple, pour y introduire une composante "sociale" ?
 - 17'23 : Comment expliquez vous la mise en place de la PAC, qu'on présente souvent comme une mesure fortement interventionniste ?
 - 18'37 : Pendant les années De Gaulle, les traités sont souvent enfreints. Par la politique des "champions nationaux" par exemple...
 - 20'39 : Dans les années 60, la Cour de Justice Européenne prend des arrêts déterminants...
 - 23'00 : Quel est le rôle joué dans les années 80 par la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher dans la construction européenne ?
 - 24'34 : En 1981, François Mitterrand arrive au pouvoir en France. Il doit rapidement choisir entre "justice sociale et construction européenne" dit-on. Quel était le contexte ?
 - 26'38 : Quel fut le rôle joué par Jacques Delors ?
 - 28'08 : En 1986, Delors met en place l'Acte Unique Européen, qui met fin au compromis du Luxembourg. Est-ce un recul pour la France ?
 - 30'03 : La mise en place de l'euro a été assez largement soutenu par le patronat. Comment s'est exercé leur lobbying ?
 - 31'20 : Pendant les années Delors, où en est l'idée d'Europe sociale ?
 - 33'33 : Est-ce que l'élargissement de l'UE s'est fait sous l'impulsion des libéraux ?
 - 34'09 : Est-ce que vous voyez des projets comme le Traité Constituant ou la Charte de droits fondamentaux comme des volontés d'associer les peuples à la construction européenne ?
 - 34:48 : Les derniers accords de libre-échange, notamment avec les États-Unis, signés ou à l'étude, vont à l'encontre de l'idée parfois évoquée d'une "Europe-forteresse". L'idée est plutôt celle d'un gigantesque marché...
 - 35:51 Vous écrivez que le mouvement syndical s'affadit au contact du système communautaire. Comment l'expliquez-vous ?
 - 37:53 : Et le patronat, lui, comment s'organise-t-il ?
 - 39:10 : Peut-on mesurer l'évolution du poids de ces lobbys ?
 - 40:04 : Est-ce qu'on observe un transfert d'influence des grands patrons industriels vers les marchés financiers ?
 - 41:09 : Quelles sont les causes premières de la non-mise en place de l'Europe sociale ?
 - 43'23 : Vous appelez de vos vœux une crise "salvatrice". À l'instar de celles provoquées par De Gaule ou Thatcher ?

Un entretien réalisée dans le cadre du projet Spleen Européen.

L'émergence du capitalisme en Angleterre. Avec Armel Campagne sur Radio Libertaire.


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2018

Loin d'être l'aboutissement nécessaire d'une tendance naturelle de l'espèce humaine à faire des échanges, sans être non plus un simple accroissement du commerce, du profit, des villes ou encore des relations monétaires dans toute l'Europe occidentale à partir du Moyen Âge, l'émergence du capitalisme a été un processus spécifique, violent, en rupture avec l'histoire des sociétés humaines.
Et c'est d'abord en Angleterre qu'un tel processus unique a eu lieu, avec son féodalisme particulier, ses expropriations, ses violentes guerres civiles et son imposition généralisée du travail salarié.