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Nul n'ignore à l'AF, le jugement élogieux porté par Proust en 1920 sur L'Action Française quotidienne : "Ne pouvant plus lire qu'un journal, je lis, au lieu de ceux d'autrefois, L'Action française […] dans quel autre journal le portique est-il décoré à fresque par Saint-Simon lui-même, j'entends par Léon Daudet ? Plus loin, verticale, unique en son cristal infrangible, me conduit infailliblement à travers le désert de la politique extérieure, la colonne lumineuse de Bainville. Que Maurras, qui semble détenir aujourd'hui le record de la hauteur, donne sur Lamartine une indication géniale, et c'est pour nous mieux qu'une promenade en avion, une cure d'altitude mentale."
Stéphane Blanchonnet, ici inverse les rôles et invite chacun à prendre une cure d'altitude mentale à la lecture du momument À la Recherche du temps perdu. Quel plus sublime moyen en effet pour un Français du XXIe siècle de retrouver la France d'avant et, par-dessus tout, la langue française dans la perfection de sa forme ?
L'œuvre de Proust nous apparaît de plus en plus comme une arche immense sur laquelle tous les trésors de la francité ont été déposés en prévision d'un déluge imminent. Tous les usages, populaires ou mondains, toutes les hiérarchies, sociales ou culturelles, tous les raffinements, de la langue, du cœur ou de l'art, qui firent le fond de la civilisation française pendant des siècles, ont trouvé asile dans les milliers de pages de cette cathédrale de mots.
Proust, par la méticulosité de son verbe, par la finesse de ses jugements moraux et esthétiques, par l'enracinement de son œuvre dans la France éternelle, incarne précisément ce qui se perd aujourd'hui sous l'effet conjugué de l'effondrement du niveau scolaire et de l'effacement de tous les repères historiques et de toutes les transmissions. Parce que l'œuvre de Proust est comme le symbole, — le résumé —, de ce que signifiait, dans l’ancien régime du sens, la "culture", elle constitue le meilleur antidote à la cancel culture.


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Si c'est bien le personnage du "Père Brown" et ses enquêtes qui ont rendu célèbre G. K. Chesterton (1874-1936) dans le monde entier, ses autres œuvres, innombrables, ne sont pas moins importantes.
En témoigne cette émission consacrée au troisième roman de l'auteur britannique, intitulé La Sphère et la croix et relevant du réalisme féerique, où il est question de l'incompréhension radical entre deux visions du monde : la chrétienne et la moderne.


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La parution récente de La Chasse au Cerf, second roman de Romain Debluë, est l'occasion de poser, à frais nouveaux, la question du roman catholique.
Outre la présence, parfois implicite, de l'œuvre des Bloy, Barbey, Bernanos, Claudel et autres Mauriac dans le cours du roman, la structure, le thème et le style de La Chasse, ouvrage riche en théologie comme en philosophie et en musique, rappellent certains grands romans des écrivains chrétiens des siècles passés.
Traditionnelle dans sa narration -balzacienne- autant que dans sa doctrine -thomiste-, cette somme romanesque met en lumière les quelques canons théologiques et littéraires d'une famille de romans qu'il faut bien, pour diverses raisons, nommer catholiques.
Émission du "Libre journal de la réaction", animée par Philippe Mesnard et Elisabeth Audrerie.



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Régis Debray ne nous laisse jamais longtemps sans nouvelles. Dans son dernier livre dont il emprunte le titre aux Fleurs du Mal de Baudelaire, il se tourne vers ceux de ses aînés qui l'ont aidé à grandir.
Avec une légèreté mélancolique, il s'acquitte de sa dette aujourd'hui, sous la forme d'une abécédaire. C'est en sa compagnie que nous rendons hommage aux maîtres, proches ou plus lointains, qui l'ont inspiré, guidé, incité.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Les "maudits", ce sont les écrivains épurés à la Libération : Brasillach, Drieu la Rochelle, Rebatet, Céline, et plus d'une centaine d'autres, entraînés, plus ou moins consciemment, dans la grande fièvre politique des années 1930 et 1940.
Loin d'amener à remettre les choses en perspective, le temps qui s'est écoulé a au contraire favorisé la banalisation d'une imagerie manichéenne, où il n'y a plus que des (très) bons et des (très) méchants. Les opinions ont été transformées en délits, et une pensée unique veut imposer les limites d'un culturellement correct. Il existe une littérature immorale et des auteurs indécents, et leur traque est de salubrité publique.
C'est contre cette grande entreprise de la bêtise universelle, contre cet "esprit des listes noires" que nous devons nous dresser.
Sans sombrer dans la bêtise inverse, nous pouvons lire les livres des "maudits" pour ce qu'ils sont : des livres, bons ou mauvais.
Émission du "Libre des Littératures", animée par Jérôme Besnar.
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Un jour de mai 2020, François Bégaudeau échange avec des camarades, sur son site à la fois personnel et public. Il commet, ce jour-là, une phrase qui lui vaudra de comparaître en justice pour diffamation à caractère sexiste et sexuel. Ça, ce sont les faits.
Ces faits sont l’occasion pour l'auteur d'Entre les murs et d'Histoire de ta bêtise de mener un travail d'auto-analyse et un examen profond de nos contradictions contemporaines. L'occasion de réfléchir sur nos affects, l'art et la politique.


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Dans l'ordre, ou le désordre : la loi Falloux, Le Cri du Peuple, L'Argent, la guerre avec la Prusse, la Commune de Paris, L'Enfant, Le Bachelier, L'Insurgé, l'exil en Angleterre.
Retour sur la vie et l'oeuvre de Jules Vallès, celui qui disait, par la bouche de son personnage Jacques Vingtras : "Je serai toujours celui qui crie Vive la République !"


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Comment Jean Cau (1925-1993), jeune secrétaire de Jean-Paul Sartre et chéri de l'intelligentsia germanopratine, est-il devenu "l'homme de lettres le plus haï de Paris" selon le journaliste Pierre Bénichou ?
Écrivain, polémiste, moraliste de grand style, hanté par la décadence de l'Occident, Jean Cau a ferraillé comme un beau diable contre l'imposture progressiste, avec brio, ironie et pugnacité.
Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.