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Les travaux de Paulin Ismard visent tout d'abord à éclairer le lien étroit qui unit l'invention de la démocratie et l'esclavage en Grèce ancienne. En étudiant la façon dont est défini à Athènes l'homme-marchandise qu'est l'esclave, les formes d'organisation de son travail, ou encore le statut de sa parole dans l'espace judiciaire, est proposé une analyse inédite du droit athénien de l'esclavage.
Mais il s'agit surtout de placer l'esclavage au coeur de nos réflexions sur l'expérience grecque, en éclairant la façon dont la cité des hommes libres est elle-même modelée par l'institution esclavagiste.


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Accompagnée de divers spécialistes reconnus, la philosophe Blandine Kriegel nous propose de parcourir les grands auteurs de la philosophie qui ont fait l'histoire de cette discipline et continuent à être d'actualité, de l'Antiquité à nos jours.
L'occasion pour un large public d'être informé de l'évolution de la philosophie et de participer de plein droit à sa réflexion à partir de la lecture préalable d'un texte philosophique.


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Helléniste franco-italien reconnu, Luigi-Alberto Sanchi vient nous présenter une anthologie de la littérature grecque d'Homère à Justinien dont il a dirigé l'édition.
Parcourant treize siècles de littérature, il revient sur les différentes époques et auteurs qui se succèdent et dont les textes illustrent la diversité, la richesse et la pérennité de la littérature en grec ancien.


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Supposons un instant que le dirigeant de la Banque de France, le directeur de la police et celui des Archives nationales soient des esclaves, propriétés à titre collectif du peuple français. Imaginons, en somme, une République dans laquelle certains des plus grands serviteurs de l'État seraient des esclaves. Ils étaient archivistes, policiers ou vérificateurs de la monnaie : tous esclaves, quoique jouissant d'une condition privilégiée, ils furent les premiers fonctionnaires des cités grecques.
En confiant à des esclaves de telles fonctions, qui requéraient une expertise dont les citoyens étaient bien souvent dénués, il s'agissait pour la cité de placer hors du champ politique un certain nombre de savoirs spécialisés, dont la maîtrise ne devait légitimer la détention d'aucun pouvoir. Surtout, la démocratie directe, telle que la concevaient les Grecs, impliquait que l'ensemble des prérogatives politiques soit entre les mains des citoyens. Le recours aux esclaves assurait ainsi que nul appareil administratif ne pouvait faire obstacle à la volonté du peuple. En rendant invisibles ceux qui avaient la charge de son administration, la cité conjurait l'apparition d'un État qui puisse se constituer en instance autonome et, le cas échéant, se retourner contre elle.
Que la démocratie se soit construite en son origine contre la figure de l'expert gouvernant, mais aussi selon une conception de l'État qui nous est radicalement étrangère, voilà qui devrait nous intriguer.
Un entretien mené par Maurice Sartre.


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Il y a 2'500 ans, dans une Athènes où la démocratie, encore en devenir, est contestée par ceux qui ont tout mais n'ont pourtant jamais assez, un homme contribue à l'enraciner tout en devenant l'âme de la Résistance à l'invasion perse. Il s’appelle Thémistocle.
Clairvoyant et provocateur, maître dans l'art de la ruse, stratège d'exception et premier des "grands hommes" athéniens à sortir d'une famille obscure, il est à la fois l'artisan de la décisive victoire navale de Salamine, le promoteur de réformes démocratiques et celui qui va donner à Athènes, face à la militariste Sparte, les instruments de sa puissance et de son rayonnement pour le siècle qui suit.
Mais les peuples se fatiguent de ceux qui veulent les mener trop haut et ceux qui, à Athènes, entendent rétablir le pouvoir des "bien nés et bien nantis" n'auront de cesse de l'abattre. Ostracisé, proscrit, Thémistocle termine sa vie en exil… sans avoir jamais renoncé à prendre sa revanche.
À partir de textes antiques lacunaires, Olivier Delorme nous entraîne dans une Athènes où l'on ne recule devant aucun moyen pour assouvir ses passions et ses haines. De l'Assemblée du peuple au stade, du champ de bataille à Olympie, de l'antre de la Pythie de Delphes au banquet ou au théâtre, c'est toute une époque qui revit, celle où s'élabore le classicisme grec qui a donné ses fondements à notre civilisation.
Émission "Vendredi c'est PYR !", animée par Pierre-Yves Rougeyron.


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Par le courant philosophique appelé "Idéalisme allemand" et les idées des penseurs comme Hegel, Fichte ou Kant, les Allemands depuis le XVIIIe jusqu'au début du XIXe siècle se voyaient symboliquement les descendants des anciens Grecs.
L'œuvre théâtrale de Wagner magnifie cette vision d'une façon si absolue qu'on ne peut en saisir toute la profondeur qu'en la considérant avec toutes ses implications philosophiques. Son art est une réponse éloquente à la question : "Qu'est-ce qui est allemand ?"
Une conférence organisée par le Cercle Richard Wagner-Lyon.




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La grande helléniste française Jacqueline de Romilly nous présente ici la façon dont Platon, dans le Phèdre, décrit métaphoriquement les divisions et luttes intérieures de l'âme.
Elle montre notamment en quoi ce texte de Platon diffère à la fois des textes qui l'ont précédé bien qu'utilisant la même métaphore d'un attelage ailé pour décrire l'âme, mais aussi de la tragédie grecque dans la façon dont elle envisage les divisions de l'âme.


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Aujourd'hui, les théâtres continuent d'afficher régulièrement des tragédies grecques. Pourquoi des textes, écrits il y a 2'500 ans, qui marquent l'invention du théâtre, fascinent-ils encore aujourd'hui ?
Jean-Pierre Vernant, spécialiste de l'homme grec ancien dont il a considérablement renouvelé l'approche, nous expliquer en quoi la tragédie grecque reste d'actualité en tant que phénomène social, esthétique et psychologique nous permettant de plonger aux sources de nos racines culturelles.