La fabrique des derniers hommes. Avec Aurélien Berlan sur France Culture.


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29.03.2014

Curieuse époque que la nôtre, où le "progrès" – la transformation des conditions de vie liée aux applications sociales de la science – n'a jamais été aussi rapide, mais où seuls quelques idéologues croient encore que nos enfants auront une vie meilleure. Car les crises économiques, sociales et écologiques s'accumulent sans fin. Ce paradoxe s'éclaire si l'on revient à l'aube de notre temps, à l'époque où le capitalisme industriel, l'État bureaucratique et la science organisée se sont brutalement mis en place, et aux diagnostics historiques de ceux qui ont cherché à en saisir les implications pour la vie humaine.
Max Weber, Georg Simmel et Ferdinand Tönnies ont identifié avec une lucidité implacable les pathologies constitutives de notre époque : la marchandisation générale, l'érosion du lien social, la perte de sens et de liberté liés à l'emprise des organisations bureaucratiques. Tout l'intérêt de leur sociologie est d'analyser ces évolutions en se demandant, concrètement, quel monde elles créent et quels types d'être humain elles engendrent. Ce faisant, ils mettent en évidence des aspects de la modernité capitaliste en général négligés, car trop intimement liés à ce qu'elle a fait de nous.
Grâce à ce détour, on pourra se défaire des illusions véhiculées par ceux qui continuent de prôner, malgré tout, les vertus de la croissance et du développement industriel, ou qui annoncent que nous serions enfin sur le point d'accéder à la "société postindustrielle". Telle est la condition pour être à la hauteur des tâches qui incombent aujourd'hui à celles et à ceux qui n'ont pas renoncé à l'idée d'émancipation.

G. K. Chesterton. Avec François Guérif, Robert Louit, Alberto Manguel et Alexis Tadié sur France Culture.


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04.05.2003

Écrivain anglais et maître du paradoxe, Gilbert Keith Chesterton a renouvellé la forme du roman policier : il a inventé le "détective de l'âme". C'est avec le Père Brown qu'il nous montre que dans la résolution des énigmes policière les indices matériels n'ont quasiment aucune valeur, à l'encontre de la méthode d'un Sherlock Holmes et du roman à énigmes d'Agatha Christie. Ce qui intéresse le Père Brown, c'est davantage de s'imprégner de l'atmosphère, de se mettre dans l'état d'esprit du criminel : c'est comprendre.
L'occasion de revenir sur son oeuvre et sa vie au travers de la lecture de larges extraits de ses romans et essais.

Émission "Une vie, une œuvre", produite par Francesca Isidori.

Au Moyen Âge, croyait-on que la Terre était plate ? Avec Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony sur France Culture.


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02.12.2021

Pendant longtemps, les humains étaient persuadés que la Terre était plate. Depuis quand a-t-on dépassé ce préjugé, qui apparaissait comme du "bon sens", pour prouver que la Terre était ronde comme une orange ?
Disons-le tout de suite, c'est un lieu commun et même un mythe, que de penser que le Moyen Âge a cru que la Terre était plate.
Cette idée est non seulement historiquement fausse, mais relève même d'une manipulation de l'histoire des sciences, et surtout des consciences. De l'Antiquité grecque à la Renaissance européenne, on n'a pratiquement jamais défendu et encore moins enseigné, en Occident, que la Terre était plate. Pour Platon, par exemple, la Terre est "enroulée autour de l'axe qui traverse le tout", affirme-t-il dans Le Timée. Chez Aristote également, les arguments qui démontrent la sphéricité de la Terre sont bien présent, et se situent dans son traité Du ciel. Par conséquent, si philosophes comme géographes de l'Antiquité, tels qu'Anaximandre de Milet ou Strabon, ont découvert que la terre était ronde, comment passe-t-on à la conception de la Terre plate au Moyen Âge ? Est-ce une question de croyances religieuses et d'ignorance en matière scientifique ?
Bien que c'est au XIXe siècle que s'est ancrée le préjugé selon lequel  le Moyen Âge croyait la Terre plate, cette légende est plus ancienne puisqu'elle apparaît dès les XVIIe et XVIIIe siècles. Les raisons qui expliquent le succès de la légende de la Terre plate sont multiples et parfois même souterraines. Parmi ces raisons, on compte la lutte contre le cléricalisme de la part de la jeune République, qui tend à se démarquer ainsi de l'obscurantisme de l'Eglise au Moyen Âge. Il y a aussi la glorification de l'idée de Renaissance, qui a du coup désigné le Moyen Âge comme le temps de la barbarie, des "Goths", comme dirait Rabelais. Il y a enfin l'historiographie qui cultivait le goût des grands hommes et des grands récits plutôt que de la vérité des sources…

Émission "Sans oser le demander", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Giovanni Gentile. Avec André Tosel et Charles Alunni sur France Culture.


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09.06.1988

Philosophe controversé, Giovanni Gentile est probablement l'intellectuel le plus représentatif de la pensée fasciste italienne. Théoricien de l'idéalisme actuel (actualisme), il a cherché à concilier métaphysique et action politique, tout en marquant l'histoire de l'éducation italienne par ses réformes.
L'occasion de revenir sur son parcours intellectuel, ses engagements, ses débats avec Antonio Labriola et Benedetto Croce et l'héritage complexe qu'il laisse derrière lui. Une plongée dans les tensions entre philosophie et idéologie au cœur du XXe siècle.

Émission "Une Vie, une Œuvre", produite par Christine Goémé.

Emily Brontë (1818-1848). Avec Annie Le Brun, Christine Jordis, Raymond Bellour, François Xavier Jaujard, Jean-Pierre Léonardini, Franck Évrard et François-Xavier Jaujard sur France Culture.


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18.03.1993

Emily Brontë, née en 1818, morte seulement 30 ans plus tard, en 1848, d'une tuberculose qu'elle avait refusée de soigner. Sœur de Charlotte et Anne, une sororité dont on a tout imaginé, l'enfance, les jeux, les rêves…, on doit à Emily Brontë un seul roman… mais quel roman ! Publié en 1847, la même année que le roman de sa sœur, Jane Eyre, le roman d'Emily, Les Hauts de Hurlevent, est l'un des plus connus de la littérature anglo-saxonne.
Quelque peu éclipsé par celui de sa sœur Charlotte lors de sa publication, il est devenu par la suite un classique. Mais entre reconnaissance et reprises multiples de ce roman tragique, entre amour passionné et vengeance dévastatrice, qui pourrait dire qui est Emily Brontë ?

Émission "Une Vie, une Œuvre", produite par Florence Marguier.

Pourquoi la publicité ne vend-elle plus seulement du rêve ? Avec Thibault Le Texier sur France Culture.


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01.11.2022

Aujourd'hui, elle est absolument partout, dans la rue, dans le métro, dans vos journaux, à la télévision, et même sur certaines radios, la publicité a aussi envahi tous les écrans. Avec sa naissance au XIXe siècle, les slogans et les images remplacent les argumentaires de vente, le consommateur est roi et la pub le chouchoute.
Qu'y a t-il de plus classe au début du XXe siècle que de fumer une cigarette ? Et quand les marques vont cibler les femmes, ce geste va même devenir glamour. Alors 30 ans après la loi Evin qui interdit justement d'en faire la publicité, on s'interroge sur son pouvoir et on ose se demander : pourquoi la publicité ne vend-elle plus seulement du rêve ?

Émission "Sans oser le demander", animée par Nicolas Herbeaux.

Escalader la nuit. Avec Sylvain Tesson sur France Culture.


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29.09.2011

Cela s'appelle la "toiturophilie". Mais, se référant au grec ancien, l'écrivain Sylvain Tesson a forgé lui le mot "stégophilie" pour nommer cette passion. Depuis son adolescence, elle lui a fait courir les toits des villes, escalader les immeubles, les églises, les cathédrales jusqu'à leurs sommets, pour y passer des nuits entières.
Il s'est ainsi hissé sur les hauteurs de Notre-Dame de Paris des centaines de fois, et c'est en compagnie de Sophie Nauleau, écrivain et productrice de radio, qu'est entreprise l'escalade de nuit du dos et de la flèche. Une aventure nocturne et clandestine, des plus poétiques, mais risquée, sur les toits de la cathédrale.
Suivons-les jusqu'au sommet.

La philosophie de Karl Popper. Avec Renée Bouveresse et Christian Schmidt sur France Culture.


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01.04.1983

Présenté naguère comme un dévot de la social-démocratie, aujourd'hui comme un croisé du libéralisme, demain peut-être comme un précurseur de la soft idéologie, Karl Popper (1902-1994) est avant tout un épistémologue et un philosophe dont la réflexion proprement politique ne saurait certainement pas être corsetée.
En effet, l'auteur de Conjectures et réfutations s'adresse d'abord à des problèmes philosophiques "classiques", que nulle théorie de la connaissance ne saurait ignorer : le statut de la métaphysique, l'induction, la rationalité, le déterminisme.

Émission "Des nuages et des horloges", animée par Mira Barthelemy et Stanko Cerovic.