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Comme toute science, les sciences cognitives soulèvent des problèmes éthiques, notamment à cause de leurs applications potentielles dans une variété considérable de domaines. L'éthique des sciences cognitives a-t-elle pour autant quelque chose de particulier ?
Daniel Andler nous montre qu'elle se distingue sur trois points. En premier lieu, les problèmes sont nombreux et difficiles, en raison du triple caractère de l'interdisciplinarité du domaine, de sa jeunesse et de sa teneur humaine. En deuxième lieu, les sciences cognitives examinent sous l'angle des sciences de la nature certains aspects centraux de la condition humaine, et créent de ce fait un conflit potentiel avec des conceptions traditionnelles. Enfin, parce que parmi ces aspects figurent l'éthique et ses principaux corrélats, tels que le libre arbitre, la responsabilité, le mérite..., une question sans équivalent dans d’autres domaines est posée : celle de savoir si les recherches sur ces questions doivent, sur le plan éthique, être poursuivies, et si c'est le cas, comment parer aux éventuelles conséquences qu'elles auraient dans la société.


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Au nom de la lutte contre les discriminations, une vague d'intolérance submerge le monde occidental. Venue des universités américaines, la religion woke, la religion des "éveillés", emporte tout sur son passage : médias et culture, entreprises, écoles, universités.
De la théorie du genre à la théorie critique de la race, le but des wokes est de "déconstruire" tout l'héritage culturel d'un Occident accusé d'être "systémiquement" sexiste, raciste et colonialiste. Leur enthousiasme évoque bien plus les "réveils" religieux protestants américains que la philosophie française des années 1970. C'est la première fois dans l'histoire moderne qu'un culte prend naissance dans les universités. Tout est réuni pour que se mette en place une dictature au nom du "bien" et de la "justice sociale" et que naisse une religion nouvelle et destructrice pour la liberté.
Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.



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C'est d'arbod des points de vue épistémoloique et méthodologique que Loïc Chaigneau se consacre à l'examen des reproches formulés par Michel Clouscard à l'encontre des sociologues Pierre Bourdieu (et Jean Baudrillard). Clouscard critique Bourdieu en raison du sociologisme de ce dernier, c'est-à-dire de l'importation d'une forme de néo-positivisme dans la compréhension du monde social.
L'approche de Bourdieu, quoique intéressante sur le plan relationnel, c'est-à-dire de la mise en relation d'éléments propres au monde social, pèche par son absence de fonctionnalité pratique et réelle. C'est l'approche anhistorique de la sociologie de Bourdieu qui lui fait en réalité très mal connaître la bourgeoisie qu'il prétend expliquer et critiquer.


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Les philosophes modernes prétendent qu'il existe une rupture radicale entre la réalité et la pensée, entre les choses et les concepts, entre ce qui existe et le modèle de ce qui existe. Leur anti-réalisme est secondé par leur anti-réceptivisme : la thèse que le réalité n'est jamais, à proprement parler, le contenu de nos concepts ni la signification de ce que nous disons.
Le rejet de tels présupposés (ou préjugés) de la philosophie moderne (et post-moderne) caractérise la tradition aristotélico-thomiste, telle qu'elle se développe aujourd'hui dans le thomisme analytique. Question : "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" Réponse : parce que Dieu existe.
La métaphysique ainsi comprise est aussi une théologie rationnelle. D'une apologie de la métaphysique, on en vient à une apologétique.


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Philosophe dont l'esprit s'est construit en dehors du parcours académique entre le PCF, le jazz, la littérature et la prison, Bernard Stiegler a produit une pensée qui nous éclaire et nous alerte.
Ses expériences de vie, ses épreuves et ses études lui font approcher la philosophie de façon tout à fait originale. S'inspirant de Joseph Schumpeter et Marx, ou encore Alfred Lotka et Rudolf Clausius, il analyse les mécanismes de ce qu'il nomme le pharmakon : la technique comme remède et comme poison, l'entropie et la destruction créatrice.
C'est dans le cadre d'expérimentations conrètes avec plusieurs institutions que Bernard Stiegler tente de restaurer la société de manière locale et collaborative. Plus que jamais, son désir est de prendre soin, de panser la société, notre environnement.
Une série d'émission conduite par Céline Loozen.




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Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.


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Et si les sociétés humaines étaient structurées par quelques grandes propriétés de l'espèce et gouvernées par des lois générales ? Et si elles pouvaient mieux se comprendre en les réinscrivant dans une longue histoire évolutive ?
Partant de ces questions, Bernard Lahire formule un paradigme unificateur qui synthétise les connaissances relatives à la vie sociale humaine et non humaine accumulées dans des domaines aussi différents que la biologie évolutive, l'éthologie, la paléoanthropologie, la préhistoire, l'anthropologie, l'histoire et la sociologie.


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Qu'il y ait des actions mentales est indéniable : concentrer son attention, adopter une position, changer d'avis, former une hypothèse, accepter une proposition, calculer ou même imaginer semblent être des choses qui impliquent une activité dans le domaine épistémique.
Mais cela implique-t-il qu'il y ait réellement de l'agir épistémique ? Certes beaucoup de philosophes, comme Descartes, considèrent que le jugement est sous le contrôle de la volonté, et d'autres, comme James, pensent qu'on peut parler de volonté de croire. On peut essayer de juger, de juger rapidement ou lentement mais peut-on essayer de croire ou de savoir, et croire ou savoir rapidement ou lentement ?
Sans discuter en détail le cas complexe de la croyance et du jugement, Pascal Engel essaie de donner divers critères de l'action dans le domaine épistemique : le rôle du vouloir, le jugement pratique, la phénoménologie de l'agir et les actes mentaux qui font partie de l'enquête.
Malgré la présence d'actions mentales dans chacune de ces caractérisations, il soutient qu'il ne peut pas y avoir réellement d'agir épistemique, parce que la structure normative des actions dans le domaine épistemique est fondamentalement différente de celle des actions dans le domaine pratique.