Effondrement, déclin ou catastrophologie ? Avec Emmanuel Prados, Grégoire Chambaz et Pierre-Yves Longaretti pour le Laboratoire Interdisciplinaire des Energies de Demain à l'Université Paris VII Diderot.


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19.06.2018

Alors que le rythme d’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère dépasse celui du scénario le plus pessimiste du GIEC, l’humanité se confronte en plus du dérèglement climatique à de nombreux autres défis de gestion des ressources critiques recouvrant des risques de défaut systémique. Sommes-nous à l’aube d’un basculement, suivant le titre français de World On The Edge, best-seller de Lester R. Brown paru en 2011 ? Cette série de trois conférences expose les connaissances pratiques et théoriques sur l’effondrement des sociétés, sujet passionnant et potentiellement anxiogène sur lequel de nombreux chercheurs d’horizons variés se sont penchés.

 1. Emmanuel Prados - Les limites de la croissance à la lumière de la situation environnementale et géopolitique
C'est tout d’abord le mécanisme d’effondrement biophysique mis en lumière par les travaux du Club de Rome et du groupe de Denis Meadows dans les années 70 qui est revisité, en mettant en exergue les limites de la croissance dans un monde fini. Il est ensuite proposé d’analyser comment la dynamique actuelle vérifie ou non les principaux facteurs du mécanisme précédemment exposé. Cette discussion s’appuie aussi sur les analyses de Lester Brown qui décrivent un système naturel sous contrainte et les conséquences sur les plans agricoles, socio-économiques et géopolitiques.

 2. Grégoire Chambaz - Les mécanismes d’effondrement des sociétés complexes : introduction aux travaux de Joseph Tainter
Comment les sociétés s’effondrent-elles ? En 1988, Joseph Tainter publiait L’effondrement des sociétés complexes, un essai d’analyse des causes systémiques de déclin des sociétés. L’analyse développée par Tainter compte aujourd’hui parmi les approches majeures du phénomène d’effondrement. À contrepoint d’une analyse moraliste, monofactorielle ou écocentrée, Tainter considère l’effondrement comme un processus structurel résultant de rendements décroissants – puis négatifs – de la complexité d’une société donnée, notamment par rapport à sa capture d’énergie. Depuis 1988, Tainter a complété son analyse avec une vingtaine de publications. Dans cette optique, cette intervention propose d’une part de faire la synthèse critique des travaux de Tainter, et d’autre part, d’explorer les phénomènes de rendements décroissants contemporains. À l’auditeur ensuite d’évaluer le risque d’effondrement des sociétés modernes.

 3. Pierre-Yves Longaretti - Effondrement, géopolitique et économie : points forts et points faibles de la pensée de Lester Brown
L’agro-économiste américain Lester Brown a produit de nombreux ouvrages sur la façon de répondre aux enjeux globaux et aux menaces d’effondrement associées par l’intermédiaire d’un plan d’ensemble visant la restauration des écosystèmes, la lutte contre la pauvreté, la lutte contre le changement climatique et la transition énergétique. Ce plan repose également sur des mesures économiques et fiscales, pour un coût global somme toute très faible (mois de 200 milliards de dollars annuels sur une vingtaine d’années). Néanmoins, sur tous ces fronts, les actions mises en place à différents niveaux nationaux et internationaux ne sont pas à la hauteur des enjeux, du fait de l’existence de verrouillages socio-politiques et économiques. Après une présentation de ce "Plan B", l’exposé discute les points aveugles de cette analyse, notamment sur le plan économique et financier. Est montré également comment ces points de blocage contribuent aux analyses d’effondrement de Joseph Tainter et du rapport Meadows sur les limites de la croissance.

La vraie actu de Michel Drac : S02E01.


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07.2018

L'analyste politique et prospectiviste Michel Drac nous propose un commentaire de l'actualité focalisé sur les tendances lourdes qui structurent l'équilibre précaire de nos sociétés et sur les éléments de rupture qui viennent le perturber.
Au menu des mois de juin et juillet 2018 :
 - 0'00'00 : introduction
PREMIERE PARTIE
 - 0'01'45 : les essentiels et le postérisé du mois (Matteo Salvini)
 - 0'03'15 : démographie et flux migratoires
 - 0'12'30 : ressources et technologies
 - 0'27'45 : géopolitique
 - 0'52'30 : zoom sur la guerre de Syrie
 - 1'07'15 : économie et écologie
 - 1'40'00 : Union européenne, l'Euro et le Brexit
DEUXIEME PARTIE
 - 0'00'00 : Union européenne, crise migratoire et questions diverses
 - 0'17'45 : politiques intérieures
 - 1'04'00 : cultures et sociétés
 - 1'30'45 : zoom sur la crise du sens

L'effondrement : notes de lecture, par Michel Drac.


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2017

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, s'emploie ici à identifier les logiques qui pourraient mener notre civilisation à un scénario d'effondrement.
Et c'est avec plusieurs notes de lecture sur des ouvrages consacrés aux problèmes qu'affrontent nos sociétés occidentales et qui pourraient s'avérer insurmontables que nous sommes invités à réfléchir à cette thématique.

Ethique et philosophie des sciences : le rôle des scientifiques. Avec Etienne Klein pour ThinkerView.


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17.01.2018

Aujourd'hui, le projet scientifique n'apparaît plus enchâssé dans un projet de civilisation : toute innovation est désormais interrogée pour elle-même, et non plus en fonction d'un horizon plus général qu'elle permettrait d'atteindre ou d'entrevoir.
Le sentiment s’installe en effet que le progrès technique, longtemps réputé servir à l'amélioration de la condition humaine, se développe dorénavant pour lui-même et non plus en vue d'une fin supérieure. Comme si la rivalité des laboratoires et des entreprises engendrait de façon presque automatique un impératif "d'innovation pour l'innovation, de recherche pour la recherche", sans que personne ne maîtrise plus le processus.
Contre cette menace d'être dépossédés de leur destin, les individus et les sociétés aspirent à disposer de repères plus objectifs et mieux assurés.
Qu'est-ce que les scientifiques ont à nous dire de cette situation ?

Traits de vie et contraintes énergétiques au cours de l'évolution humaine. Avec Jean-Jacques Hublin au Collège de France.


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2017

Professeur à l'Institut Max Planck d'Anthropologie Evolutionnaire à Leipzig, professeur invité titulaire de la chaire internationale de paléoanthropologie au Collège de France, Jean-Jacques Hublin interroge notre rapport à l'extraction et à la consommation de l'énergie, des premiers hominoïdes à homo sapiens, dans le cadre de cette série de cours.

De quoi l'énergie est-elle le nom ? Avec Etienne Klein pour l'Institut national des sciences et techniques nucléaires à Saclay.


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18.12.2012

Chaleur, mouvement, rayonnement électromagnétique sont autant de phénomènes disparates que nous relions aujourd’hui sous une seule et même grandeur : l’énergie. Cette notion n’est devenue un véritable concept de la physique qu’au milieu du XIXe siècle, à partir du moment où il a été établi de façon claire qu’elle obéissait à une loi de conservation. Qu’implique cette loi de conservation qui suppose du même coup qu’il y ait transformation ?
Petit retour sur ce concept en compagnie du physicien Étienne Klein.

L'industrialisation du capitalisme. Avec Armel Campagne sur Radio Libertaire.


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2018

La "révolution industrielle" n’a pas été un progrès technique socialement neutre, mais une restructuration capitaliste du procès de production, laquelle visait à une intensification de l’exploitation et à une destruction de l’organisation artisanale du travail.
Cette contre-histoire de l’industrialisation capitaliste en Angleterre et en France (1780-1860) nous est racontée par Armel Campagne, historien et auteur du récent Le Capitalocène. Aux racines historiques du dérèglement climatique.
Les sujets abordés dans le cadre de ce nouvel épisode de "Sortir du capitalisme" sont :
 - une histoire de l’industrialisation anglaise comme restructuration capitaliste du procès de production et comme lutte de classe (et non comme "progrès" technique socialement neutre)
 - une démonstration du caractère non-capitaliste de l’économie d’Ancien Régime
 - une analyse marxienne des bris de machines
 - une histoire de l’industrialisation capitaliste en France comme modernisation de rattrapage sous impulsion étatique
 - et une histoire de 1848 comme moment fondateur de l’antisémitisme et de la xénophobie en France

Greenpeace, le business contre l'écologie ? Avec Thibault Kerlirzin au Cercle Aristote.


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09.04.2018

Fondée voici près d'un demi-siècle, Greenpeace fait trembler les entreprises. Pourtant, à plusieurs reprises, les accusations de l'ONG se sont révélées fausses. Les rares fois où des entreprises décident de l'attaquer en justice, Greenpeace recule et revient sur ses accusations. Néanmoins, rien ne semble pouvoir écorner son image. L'ONG est-elle à ce point irréprochable pour bénéficier d'autant de faveur médiatique ?
Le travail de Thibault Kerlirzin met en lumière le contraire. Loin de se consacrer à ses objectifs affichés, Greenpeace semble avant tout se mettre au service d'elle-même. Ses principales dépenses de fonds ne vont pas à ses campagnes mais à ses levées de fonds.
En parallèle, les trois cas de guerre de l'information analysés dans ce livre montrent comment Greenpeace déforme et oriente les faits contre le secteur pétrolier et le nucléaire afin de servir non pas l’écologie, mais un militantisme idéologique bien souvent opposé au souci de l'environnement.
Plus encore, Thibault Kerlizin souligne le rôle de "mercenaire vert" de l'ONG et comporte de nombreux éléments accablants pour la réputation de Greenpeace.