Marx, critique de l'économie politique. Avec Guillaume Fondu pour le podcast En avant Marx.


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01.2024

Depuis 1844 et sa rencontre avec Engels, l'intérêt de Marx pour l'économie politique ne s'est pas démenti. Mais le début de son militantisme révolutionnaire et les révolutions de 1848 ont retardé le travail qu'il avait projeté au milieu des années 1840. Les années 1850 et son isolement politique après la dissolution de la Ligue des communistes lui offre un contexte propice pour se remette à l'ouvrage. Marx associe l'échec de 1848 à une double immaturité : immaturité des sociétés, qu'il faut étudier pour en distinguer les potentialités révolutionnaires effectives, mais immaturité également du mouvement ouvrier, qui reprend des thèmes et des programmes qui sont en réalité d'essence bourgeoise. Tout cela rend d'autant plus urgent de parvenir à une compréhension intime et scientifique des phénomènes économiques pour élaborer un programme politique adéquat.
Pour ces mêmes raisons, Marx engage la polémique avec Proudhon qui jouit d'une forte influence sur le mouvement socialiste et à qui Marx reproche une critique non scientifique des catégories économiques et un projet politique réactionnaire et illusoire.
C'est donc en 1859 que Marx aboutit à un projet ambitieux avec la publication de la Contribution à la critique de l'économie politique, dans laquelle Guillaume Fondu identifie déjà ce qui fait la singularité de l'approche marxienne des catégories de l'économie politique et de son actualité.

Une émission mené par Marina Garrisi.

La société ingouvernable, une généalogie du libéralisme autoritaire. Avec Grégoire Chamayou au Café-librairie Michèle Firk.


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23.10.2018

Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque "crise de gouvernabilité".
Aux États-Unis, le phénomène inquiétait au plus haut point un monde des affaires confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une prétendue "révolution managériale", à des mobilisations écologistes inédites, à l'essor de nouvelles régulations sociales et environnementales, et – racine de tous les maux – à une "crise de la démocratie" qui, rendant l'État ingouvernable, menaçait de tout emporter.
C'est à cette occasion que furent élaborés, amorçant un contre-mouvement dont nous ne sommes pas sortis, de nouveaux arts de gouverner dont Grégoire Chamayou retrace, par le récit des conflits qui furent à leurs sources, l'histoire philosophique.
On y apprend comment fut menée la guerre aux syndicats, imposé le "primat de la valeur actionnariale", conçu un contre-activisme d'entreprise ainsi qu'un management stratégique des "parties prenantes", imaginés, enfin, divers procédés invasifs de "détrônement de la politique".
Contrairement aux idées reçues, le néolibéralisme n'est pas animé d'une "phobie d'État" unilatérale. Les stratégies déployées pour conjurer cette crise convergent bien plutôt vers un libéralisme autoritaire où la libéralisation de la société suppose une verticalisation du pouvoir. Un "État fort" pour une "économie libre".

Travail et démocratie. Avec Franck Fischbach et Emmanuel Renault pour Citéphilo à Lille.


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25.11.2023

Le travail comme l'éducation sont des modes de relations complexes où souvent l'autorité prend le pas sur l'esprit critique. Pourtant il ne peut y avoir de démocratie sans apprentissage généralisé de l'égalité et de la discussion critique de l'exercice du pouvoir, pour paraphraser John Dewey.
Même si le travail ne suffit pas à définir la totalité de nos vies, il est une activité durable et structurante qui nous engage fortement et reste centrale dans nos existences. C'est pourquoi la démocratie reste vide de sens si la démocratisation des lieux de travail n'est pas réalisée.

Une conférence animée par Jean-Claude Poizat.

L'école à l'ère de l'intelligence artificielle. Avec Eric Martin au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu.


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14.12.2023

Hausse de la tricherie et du plagiat (notamment à cause de ChatGPT), perte du sens de la socialité, déficit d'attention et d'empathie, retards d'apprentissage : les preuves s'accumulent quant aux effets nocifs des technologies du numérique en classe, surtout sur les plans cognitif et social. Plusieurs études démontrent que les écrans à l'école et l'école dans un écran engendrent des effets négatifs majeurs sur les élèves et de nombreux enseignants. Désabusés par des mois d'apprentissage virtuel pendant la pandémie, bon nombre d'entre eux ne souhaitent d'ailleurs pas continuer l'expérience. Pourtant, nos institutions scolaires sautent à pieds joints dans le grand train numérique. Pourquoi ?
Bien que le bilan préliminaire de l'expérience numérique soit loin d'être reluisant, l'informatisation de l'école a la cote dans les hautes sphères décisionnelles du système scolaire. Poussée depuis déjà quelques décennies par des décideurs et influenceurs obnubilés par le développement économique et technologique, l'obsession pour l'innovation technologique et l'informatisation de nos vies colonise maintenant les classes, un des lieux principaux qui assurent la production et la reproduction de la société. On nous assure que l'informatisation, l'école en ligne et la " techno-pédagogie " sont les solutions à tous nos problèmes. Sans fournir d'autre preuve que celle d'une foi aveugle, on nous dit qu'elles feraient de meilleurs professeurs, seraient bénéfiques pour la planète et assureraient une plus grande réussite scolaire.
Dans sa critique sans concession de l'informatisation de l'école, le professeur de philosophie Eric Martin nous alerte sur ce qui se profile à l'horizon : la destruction de la culture commune et une dissolution des institutions d'enseignement comme lieux de transmission, de relations humaines et de formation. Loin de relever d'une technophobie primaire, leur démonstration expose les risques bien réels et préoccupants de ce virage, dont la perte d'un certain sens de la socialité et de l'humanité, perte qui se fait déjà sentir. Il démontre encore comment l'offensive numérique en cours s'inscrit dans une vision technocratique et économiciste du monde qui réduit l'école à une machine à former du "capital humain". Ce qui soulève une question simple, mais fondamentale : à quoi sert l'école ?

La Chine est-elle capitaliste ? Avec Rémy Herrera et Michel Gruselle au Cercle Universitaire d'Études Marxistes.


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13.06.2019

Depuis plusieurs années, l'équilibre du monde et les rapports entre grandes puissances subissent de profondes mutations. Dans un tel contexte, une compréhension juste et scientifique du modèle politico-économique de la Chine est plus que jamais indispensable.
Römy Herrera présente pour le développement économique de la Chine depuis les années 1950 jusqu'à nos jours et s'attache au temps long pour mieux balayer les lieux communs trompeurs. Il démontre clairement que la réussite industrielle et commerciale de ce pays n'est pas un miracle des années 2000, mais au contraire le résultat d'efforts colossaux et de stratégies mises en œuvre dès la prise de pouvoir par les communistes.
L'occasion d'en débattre avec Michel Gruselle, avec pour objectif de mieux comprendre la Chine contemporaine, la manière dont elle s'est construite et ce vers quoi elle se dirige.

Une contre-histoire souverainiste de la construction européenne. Avec Thomas Durin pour l'Institut Humanisme Total.


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04.2025

En revenant sur l'entre-deux-guerres, la place centrale des États-Unis dans cette contre-histoire, l'importance de l'anticommunisme et le passé très trouble des "pères fondateurs" (sources à l'appui), Thomas Durin nous présente dans le détail la genèse de l'Union Européenne, son hostilité aux souverainetés nationales et son incapacité à se concevoir comme une puissance indépendante des États-Unis d'Amérique.
Une contre-histoire qui nous renvoie aux événements les plus récents de l'actualité et aux chimères très contemporaines de l'Europe de la Défense.

Philosophies de Marx. Avec Franck Fischbach à la Librairie Tropiques.


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24.04.2025

Philosophies de Marx, au pluriel. Cela veut dire qu'il y a bien de la philosophie chez Marx, mais que cette philosophie ou plutôt ce philosophique résiste à son unification et s'affirme comme pluriel. Sans doute aura-t-il fallu que l'on renonce à unifier la pensée de Marx en une doctrine pour la redécouvrir comme philosophique.
Franck Fischbach propose d'exposer ce pluralisme philosophique marxien sous trois rapports qui s'imposent plus que d'autres mais qui ne sont pas exclusifs d'autres : la philosophie de l'activité, la philosophie sociale, la philosophie critique. Ce sont trois directions dans lesquelles le philosophique chez Marx a insisté et a cherché à se déployer, mais sans jamais se stabiliser ni s'unifier – sinon peut-être tendanciellement dans la troisième perspective, qui ne désigne cependant pas une doctrine mais une attitude critique.
Plus qu'une philosophie, ce que Marx nous a transmis est une certaine pratique de la critique dans la théorie (qu'on peut appeler "philosophie") et la tentative de l'articuler aux pratiques sociales elles-mêmes critiques.

Violence, l'angle mort. Avec Guillaume Soto-Mayor pour le Podcast Sismique.


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18.05.2025

La violence semble omniprésente dans notre monde - terrorisme, crime organisé, conflits armés, exploitation économique. Nous la traitons généralement comme une série d'anomalies à corriger, de dysfonctionnements à régler. Mais si la violence était en réalité un système cohérent et organisé qui structure profondément nos sociétés ?
Guillaume Soto-Mayor, chercheur et président d'Egregor, nous invite à changer radicalement notre regard. À travers son analyse des "économies de violence", il révèle comment des acteurs sophistiqués - des groupes criminels aux multinationales, des organisations terroristes aux États eux-mêmes - utilisent la violence comme instrument de pouvoir et de profit.
De l'Afrique à l'Europe, des cartels mexicains à la finance mondiale, des mines de coltan à nos smartphones, il convient de comprendre les mécanismes cachés qui lient violence et économie, criminalité et pouvoir légitime.
Cette nouvelle grille de lecture nous aide à comprendre pourquoi tant de nos réponses échouent face aux crises actuelles, et surtout, quelles transformations sont nécessaires pour construire un monde plus juste. Une réflexion essentielle pour comprendre les défis de notre époque et imaginer de nouvelles solutions.

 - 0'00'00 : La violence comme système structurant
 - 0'08'20 : Parcours et origines de la réflexion sur les économies de violence
 - 0'15'42 : Définition des économies de violence : au-delà des faits divers
 - 0'18'33 : Les différentes formes de violence : de la violence physique à la violence systémique
 - 0'25'16 : La continuité historique des systèmes de violence
 - 0'31'15 : La violence dans nos objets quotidiens : exemple des smartphones
 - 0'36'28 : L'exploitation dans les chaînes de production mondiales
 - 0'41'38 : Le rôle des institutions financières dans les systèmes violents
 - 0'47'15 : Les paradis fiscaux et le blanchiment d'argent à grande échelle
 - 0'52'42 : Les acteurs violents : sophistication et capacité d'innovation
 - 0'58'33 : Le numérique : nouvel espace de violence
 - 1'05'47 : La transformation des États : entre impuissance et criminalité
 - 1'13'26 : Les États mafieux : quand la violence devient gouvernance
 - 1'21'33 : L'échec des réponses internationales face aux crises
 - 1'30'15 : L'aide au développement : entre bonnes intentions et effets pervers
 - 1'38'52 : La question migratoire : anatomie d'une politique contre-productive
 - 1'47'24 : Les conséquences humanitaires des politiques sécuritaires
 - 1'55'31 : Les mouvements progressistes face à la violence : pourquoi cet échec ?
 - 2'04'18 : La gauche et son angle mort sur les questions de sécurité
 - 2'13'32 : Trump et la nouvelle politique de la violence assumée
 - 2'25'45 : La montée des populismes : symptôme d'une violence systémique
 - 2'40'11 : Les enfants, premières victimes silencieuses
 - 2'48'33 : Le cyberharcèlement et les nouvelles formes de violence
 - 2'56'30 : Vers de nouvelles approches : exemples d'initiatives réussies
 - 3'05'42 : L'importance des solutions locales et leur passage à l'échelle
 - 3'13'54 : Garder espoir malgré tout : les raisons d'y croire
 - 3'19'40 : Conclusion et recommandations de lecture

Un entretien mené par Julien Devaureix.