La gnose et les gnostiques. Avec Roland Hureaux au Cercle Aristote.


(0)
172 Vues
0 commentaire
01.07.2019

La gnose constitue un des phénomènes les plus fascinants de l'histoire des idées. Elle est apparue sous le Haut-Empire romain (Ier-IIe siècle), période brillante et inquiète, qui voit aussi l'essor du christianisme. Les gnostiques, Basilide, Valentin, Marcion, prêchent des doctrines étranges se présentant comme une connaissance secrète (gnose) que Jésus-Christ aurait transmise à ses proches. Christianisme philosophique ou sulfureuse contrefaçon ? Sagesse élevée ou charlatanisme ? Religion sui generis ou maladie infantile du christianisme ? Ultime expression de la philosophie grecque ou anticipation de l'existentialisme ? Vecteur d'influences juives ou au contraire rejet du judaïsme ? La gnose garde une partie de son mystère.
Née en Orient (Syrie, Égypte), répandue à Rome, dénoncée par les Pères de l'Église (saint Irénée, Tertullien), elle connaît peut-être son sommet aux confins de l'Empire perse avec Mani (IIIe siècle) dont la doctrine, le manichéisme, se répand jusqu'en Chine et pourrait avoir inspiré le bouddhisme.
Depuis la fin des cathares (XIVe siècle), dernier avatar de la gnose européenne, celle-ci se survit par des traditions initiatiques (franc-maçonnerie, théosophie), des lignées de maîtres spirituels qui s'en réclament et des influences diffuses sur la littérature, particulièrement romantique, la musique, la philosophie. Par son rejet radical du monde réel ou sa volonté d'émanciper l'esprit des contraintes de la condition charnelle, le mode de pensée gnostique imprègne à bien des égards la culture contemporaine.
Sur un sujet complexe et controversé, Roland Hureaux nous présente, dans une perspective historique, une synthèse claire, vivante et équilibrée.

Les Chrétiens et l'Empire romain. Avec Damien Bigini pour le Cercle de l'Aréopage.


(0)
258 Vues
0 commentaire
2019

Damien Bigini nous offre une belle synthèse qui remet à plat la nature des rapports entre le pouvoir impérial et la nouvelle religion chrétienne. L'alternance entre phases de persécution et phases de tolérance ou de bienveillance est clairement détaillée et la chronologie précisée.
Le vaste matériel sur lequel s'appuie le conférencier montre que la perception du christianisme par Rome est avant tout un fait religieux et relève en premier lieu de la "politique de l'État vers le divin".
Les empereurs, dans leur fonction de garants de la pax deorum, doivent composer avec les pressions d'une cour instable et hétérogène, avec les inquiétudes du Sénat, ou les explosions de colère de lointaines provinces. Tour à tour, ils se montrent prudents arbitres, persécuteurs contraints, bourreaux volontaires ou sympathisants.
Autant d’hommes et d'étapes qui composent une trame unique : celle de l'inévitable rapprochement entre les deux premiers vrais universalismes de l'Histoire.

Connaissez-vous Chesterton ? Avec Gérard Joulié sur Radio Courtoisie.


(0)
258 Vues
0 commentaire
18.12.2018

Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) a des raisons de se battre et non pas simplement de vivre. Son physique énorme, fabuleux, à la saint Thomas d'Aquin, sert ces heureux desseins. Ses romans regorgent de bagarres inouïes, signes de la prodigieuse santé de cet esprit résolument hors norme. Quant à l'imagination, l'humour et la fantaisie, qui l'animent en toute chose, en toute oeuvre, ce ne sont là que dons du Ciel qui décuplent les forces de ce conspirateur-né.
Protestant anglais converti au catholicisme romain, Chesterton est un polémiste et un apologiste à cheval entre le XIXe et le XXe siècle, un paladin du papisme, un champion de l'Église militante et triomphante qui sort de l'ombre au moment précis où le christianisme entame son déclin.
Peu soucieux de l'Histoire, Chesterton est d'abord un homme de foi et d'honneur qui conserve l'âme hauturière du Moyen Âge. S'il défie la modernité, et s'il passe pour un traître à son pays et parfois même à sa classe sociale, c'est à la fois en sage et en fou, en excentrique et en réservé qu'il donne et rend tous les coups.
De son sens du paradoxe naîtra une lecture du monde unique en son genre, gouvernée par l'éternelle et impossible quête du centre.

Émission du "Libre journal de la nouvelle droite", animée par Thomas Hennetier.

Enquête sur l'Apocalypse. Avec Claude Tresmontant sur Radio Courtoisie.


(0)
376 Vues
0 commentaire
08.1994

L'Apocalypse est un livre très obscur pour nous aujourd'hui, comme il l'était déjà devenu pour Denys, évêque d'Alexandrie vers la fin du IIIe siècle, selon lequel "plusieurs qui vivaient avant lui ont rejeté l'Apocalypse parce qu'ils estimaient que le livre est incompréhensible, qu'il n'est pas une révélation et qu'il est recouvert d'un voile épais qui en rend le contenu inintelligible ".
Claude Tresmontant a travaillé pendant plus de vingt ans sur les correspondances entre l'hébreu de la Bible hébraïque et le grec de la Septante. Il a démontré ainsi l'origine hébraïque des Evangiles et de l'Apocalypse et la date, très proche des événements, de leur composition. Il en a donné une traduction entièrement renouvelée.
Pour lui, si l'Apocalypse est un texte obscur, c'est parce qu'il a été écrit dans un langage chiffré, en pleine terreur, au cours des années 50, quand la petite communauté chrétienne naissante était persécutée à mort par la dynastie des Hérode et par les hautes autorités sacerdotales de Jérusalem.
L'auteur de l'Apocalypse, qui s'appelait lohannan, fait allusion constamment à des événements - aujourd'hui complètement oubliés - mais bien connus des frères et soeurs des communautés judéennes auxquelles il s'adresse. Il connaît les Saintes Ecritures hébraïques par coeur et procède par allusions dans un langage parfaitement clair pour ses destinataires. La destruction, en 70, de Jérusalem, berceau du christianisme, explique que, très vite, ce texte soit devenu incompréhensible.
Pour nous permettre de retrouver le sens de ces oracles de l'Apocalypse, Claude Tresmontant met sous nos yeux les textes d'un historien contemporain des événements, Josèphe, surnommé Flavius, et de Philon d'Alexandrie. Il traduit les textes de la Sainte Ecriture qui permettent de comprendre le langage de lohannan et il dégage les allusions aux faits et aux événements contemporains ou récents.
lohannan, l'auteur de l'Apocalypse, était lui-même kohen, prêtre du Temple de Jérusalem. Il a été kohen gadôl, grand prêtre, en 36-37. C'est le même lohannan qui a fourni le dossier de notes, dont nous avons la traduction en langue grecque : l'Evangile de Jean. Il annonce, dans les années 50, c'est-à-dire quelque vingt ans à l'avance, la prise et la destruction de Jérusalem, qui aura bien lieu en 70, et demande aux frères et aux soeurs de la petite communauté chrétienne de Jérusalem de se sauver avant qu'il ne soit trop tard. Ce qu'elle fit avant l'année 66, commencement de la grande guerre entre les Judéens et les Romains. Jean-lohannan annonce la naissance de la nouvelle Jérusalem, qui est la Communauté (l'Eglise) elle-même, l'Epousée, la Chérie, non pas faite de pierres, mais avec des êtres vivants. Il fait appel à une interprétation ésotérique du Cantique des Cantiques et du rouleau d'Esther, familiers à cette époque-là.
Philosophie de l'histoire qui annonce l'inéluctable destruction des empires, philosophie politique qui traite des rapports entre l'Eglise et l'Etat, l'Apocalypse est une prophétie déjà réalisée qui porte aussi sur l'avenir de la création.

Émission des "Mardis de la mémoire", animée par Pierre Chaunu.

Heurs et malheurs du puritanisme anglais. Avec Bernard Cottret sur France Culture.


(0)
135 Vues
0 commentaire
27.10.2012

Chacun sait bien que la pudeur britannique n'est plus ce qu'elle était, mais tout de même... La traditionnelle exclamation "Oh ! Shocking !" continue à s'entendre Outre-Manche lorsque des affaires de moeurs défraient la chronique. Et nul ne peut se défaire de l'idée que la reine Victoria continue de se retourner dans sa tombe quant sont bafouées toutes les règles du puritanisme qu'elle avait incarnées, au cours d'un règne de 64 ans. Ces règles qu'elle avait héritées, en les intensifiant peut-être, des protestants des siècles anciens.
Il est donc intéressant de considérer l'histoire de ce puritanisme en se portant jusqu'au XVIe siècle, et en se demandant si vraiment il n'en reste rien dans la Grande-Bretagne contemporaine, en élargissant la curiosité aussi aux Etats-Unis d'Amérique, puisque les premiers pèlerins, ceux du Mayflower, comme leurs successeurs au long du XVIIe siècle, étaient profondément marqués par cette sensibilité, par les doctrines qu'elle accompagnait, par les comportements qu'elle impliquait, par les rigueurs qu'elle exigeait.
Bernard Cottret, professeur d'histoire des civilisations anglo-saxonnes, nous guide dans cette exploration.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

La Foi Obscure. Avec Pierre Magnard au Cercle Retour au Réel.


(0)
213 Vues
0 commentaire
21.01.2019

Durant ses études, Pierre Magnard reçut de Jean Beaufret l'interpellation de Heidegger, qui fit vaciller ses certitudes et une certaine manière d'être chrétien. Ce vacillement le conduisit vers Pascal, dont l'angoisse colore la foi d'une manière inoubliable.
C'est de cette "foi obscure" dont nous parle Pierre Magnard : une foi faisant l'épreuve du néant en l'homme et du silence de Dieu, un christianisme fondé non sur l'usage d'une raison dogmatique mais d'une raison joueuse, laquelle, tout en sachant que c'est le coeur qui lui donne ses principes, se déploiera en toute liberté.

L'art et l'histoire, trois entretiens. Avec André Malraux sur France Culture.


(0)
315 Vues
0 commentaire
1974

André Malraux, écrivain et homme d'action, ministre d'État chargé des Affaires culturelles, revient dans ces entretiens sur plusieurs épisodes marquant et nous fait part des réflexions qu'il a mûries toute sa vie durant.
De l'expérience de la révolution à la rencontre de grands hommes (de Gaulle, Mao Zedong), de l'histoire de l'art à l'avenir des religions, autant de thèmes que l'auteur des Antimémoires développe ici.

1. Entretien avec Pierre de Boisdeffre (1967)
 - 0'00'00 : Le sens des Antimémoires
 - 0'08'30 : Le Général de Gaulle et la révolution
 - 0'13'11 : La Révolution culturelle chinoise, Mao Tsé Toung
 - 0'25'03 : Influence de la révolution chinoise sur le Tiers-Monde
 - 0'29'49 : L'Inde (Gandhi, Nehru)
 - 0'33'50 : La prison, la torture, la servitude

2. Entretien avec Guy Suarès (1973)
 - 0'40'53 : Le projet de ses vingt ans
 - 0'43'11 : Les civilisations, le cosmos, le christianisme
 - 0'50'45 : Valeurs et mythes de notre civilisation
 - 1'00'20 : Le héros et les saints, le prophète
 - 1'11'48 : Les mots-pièges et les mots-clés
 - 1'11'33 : La peinture extrême-orientale
 - 1'19'33 : La sculpture grecque
 - 1'21'59 : Saint François d'Assise, l'art réconcilié, la peinture italienne
 - 1'27'07 : La création artistique, l'histoire de l'art
 - 1'37'29 : Des fresques de Giotto à Pise à l'esquisse ancienne
 - 1'39'56 : L'art moderne après Picasso
 - 1'42'44 : Incertitudes et perspectives du spirituel
 - 1'51'23 : Evolutions et complexité des rapports Orient-Occident
 - 1'56'58 : L'Union soviétique et les Etats-Unis

3. Entretien avec Jean-Marie Drot (1974)
 - 2'04'25 : Lazare : la maladie, le "je", la problématique de l'art
 - 2'13'34 : Le suicide, la mémoire

L'homme : un dieu ou une bête ? Menaces sur l'anthropologie chrétienne. Avec Antoine Martin pour E&R à Genève.


(0)
199 Vues
0 commentaire
02.03.2019

La modernité avait prétendu faire de l'homme un dieu, indépendant de toute transcendance à laquelle il aurait à rendre des comptes.
De manière apparemment concurrente, nous assistons depuis quelques décennies à l'émergence d'une nouvelle tendance, selon laquelle l'homme ne détiendrait aucune primauté sur le reste des vivants.
À ces deux idéologies qui la prennent en étau, quelle réponse l'anthropologie chrétienne, socle fondateur de notre civilisation, apporte-t-elle ?